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Le livre, et nous !'



Le livre, et nous !'
«Le livre et nous». C'est le slogan qu'on a choisi pour la 19e édition du Salon international du livre d'Alger (Sila-2014). L'idée de ce slogan est d'illustrer les liens et les rapports que le livre a avec le lecteur et ses apports. Mais à voir la place et l'intérêt qu'a réellement le livre au sein de la société, à l'école, dans la famille, il serait plus juste d'écrire le slogan avec la ponctuation appropriée : le livre, et nous !' Car, un fossé s'est creusé entre le citoyen et «celui» dont un grand poète égyptien a dit «que de tous les êtres, il est le meilleur compagnon». La métaphore a ainsi «humanisé» le livre et l'a élevé au plus haut rang. Toutes les civilisations et les peuples qui ont atteint des sommets de développement se sont d'ailleurs érigés grâce au savoir dont le livre a été et est toujours le premier vecteur.Or, pour exploiter ce vecteur, deux conditions seulement sont nécessaires : sa disponibilité et son utilisation. La première est la plus facile à garantir. On peut trouver un livre à tout moment et en tout endroit. Mieux, on peut l'avoir gratis. Comme nous l'avons écrit il y a une année, dans ce même espace, - c'est dire les améliorations et changements intervenus depuis-, les formules de mise en disponibilité du livre sont multiples et se déclinent sous différentsconcepts : «Livres nomades», «Livres en balades», «Livres sur la place», «Livres en voyage», «Livres sur les quais», «Livres sur la plage», «Bancs de lecture», «Biblioplage», «Bibliobus»... Et si elles diffèrent dans le cheminement, elles s'inscrivent toutes dans la philosophie de l'idée originelle, «bookcrossing» (né aux Etats-Unis) et convergent dans l'objectif : proposer un livre, ou plusieurs, à tout passant en le (ou les) déposant(s) sur la place publique, dans un abribus, sur un banc, dans un parc, sur la table d'un café, sur une plage... C'est une tacite invitation à lire. Il appartient à celui qui prendra le livre de le déposer ailleurs, et même d'en proposer d'autres. On peut même livrer sur des sites Internet ouverts à cet effet un avis sur les livres lus, en proposer à lire ou désigner les endroits où ils sont déposés.Evidemment, ces actions sont souvent initiées par des particuliers, des collectifs, des associations. Mais tout aussi souvent, l'émulation joue et des communes, des bibliothèques, des éditeurs - qui mettent ça sur le compte du street-marketing-, des écoles et d'autres institutions publiques se mettent à sortir les livres des rayonnages où ils se font oublier pour les semer à tout vent prolongeant ainsi leur vie on en faisant profiter le maximum. Lâchés dans la nature, les livres voyageront de mains en mains, de ville en ville, voire d'un pays à un autre.C'est l'autoroute de l'information sur laquelle rouleront ces véhicules du savoir, et ils sont déjà des millions qui vont et viennent, sans s'arrêter.Et si d'aventure il y en a qui s'arrêteraient parce que déchirés, égarés ou retenus en otage chez un mauvais citoyen, ils seront bien vite remplacés par de nouveaux arrivages, et il y en aura toujours suffisamment à la disposition de tous les lecteurs.Rien n'empêche de lancer ce genre d'opération en Algérie. Mais là intervient la deuxième condition pour l'exploitation du livre : l'existence de son utilisateur, le lecteur. Qui oserait faire le premier pas et mettre des livres dans la rue en misant sur leur utilisation à bon escient ' On ne misera pas un encrier fêlé sur une telle initiative. Tous les lecteurs savent pourquoi. Les responsables aussi, sauf que pour eux, s'il est nécessaires de connaitre les raisons du recul du lectorat, il leur appartient aussi d'y remédier.H. G.


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