Si les réformes annoncées et les lois soumises à l'exécutif et au législatif vont jusqu'à leur terme, et si les ouvertures ne sont pas bloquées en cours de route, peut être viendra le débat sur les industries culturelles. Ces dernières, dans les grands pays démocratiques constituent, en période de crise, un extraordinaire amortisseur et parfois le dernier refuge pour des populations frappées de plein fouet par le chômage, la baisse drastique du pouvoir d'achat et la complexité d'une crise financière aux multiples répercussions sur la vie quotidienne de millions de familles.La réforme des institutions culturelles (étatiques) n'est pas encore à l'ordre du jour. L'émergence d'industries et d'opérateurs culturels privés n'est pas, elle non plus, perçue selon l'importance qu'ont ces derniers.Dans l'attente durant laquelle les retards s'accumulent avec des mécanismes bureaucratiques qu'il sera difficile de combler, l'administration fait ce qu'elle sait faire : reproduire les mêmes «activités» selon l'été, ramadhan, les commémorations (qui disparaissent une à une), sous «le haut patronage», avec l'inscription en haut de l'affiche de la «tutelle». Dans la répétition, il y a cependant de très rares manifestations culturelles, dont le sommet n'émarge pas forcement dans le chapitre des administrations salariées de la fonction publique. Cette absence de dépendance, pour ne pas dire d'obéissance hiérarchique que certains vivent avec gourmandise, autorise des ouvertures, des audaces, et réduit considérablement les pulsions maladives de censeurs qui croient sincèrement que Facebook est susceptible de faire tomber des régimes, dans des pays où l'Internet en est encore à l'âge préhistorique et où les coupures d'électricité se comptent par milliers chaque année. Le Salon international du livre d'Alger (Sila) fait hélas partie de ces exceptions, par ailleurs rarissimes, tant la règle est massive, aveugle et bureaucratique jusqu'à la caricature. Il y a eu une bonne décision, celle de confier la direction du Sila à un professionnel, capable d'assumer des choix, des directions, une ligne éditoriale, marqués d'un maximum de liberté. La carrière, les revenus, le montant de sa retraite font du commissaire (une dénomination pas toujours heureuse) du Sila un homme qui n'a aucune addiction à la fonction publique et encore moins aux hiérarchies qui balisent les carrières. La décision en question mérite d'être saluée.Les 21 septembre, le Sila 2011 s'est ouvert au complexe sportif Mohamed Boudiaf à un moment où les clameurs sur son architecture physique se sont tues. En effet, le contenant du Sila est identique à celui des plus grandes manifestations culturelles dans le monde. Le festival de Cannes (le plus grand du monde) abrite une série d'activités sous des plafonds et dans des murs identiques à ceux du Sila. A ce niveau-là, on peut reprendre la devise de la manifestation, en couverture d'un très beau catalogue. Si «le livre délivre», la qualité des éditeurs, des «gens du livre» présents à Alger laisse envisager un bon cru. Nous y reviendrons.
A. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdou B
Source : www.latribune-online.com