
A l'instar des autres théâtres régionaux, le TRB n'est pas ce cercle où s'expriment de grandes stars, il aura été et restera cet espace culturel commun et collectif où aussi bien la production que la distribution et prestations sur les planches, de nombreuses ?uvres partagées et primées, que de fois.Il sera aussi ce théâtre particulièrement martyrisé qui aura connu nombreuses pertes humaines, quatre comédiens et trois réalisateurs y ayant perdu la vie à la fleur de l'âge et dans le plein exercice de leur fonction. Nous leur rendons ici le plus grand des hommages. Malek Bougermouh qui en sera le premier de cette liste macabre quittera les planches alors qu'il montait la pièce R'djal ya h'lalef. Une de ses comédiennes, Lynda Sellam en l'occurrence, en garde les séquelles de l'accident mortel. Cette sommité partie précocement concoctait des chantiers pour le TRB. Il aura été pionnier dans l'exploration des styles dramaturgiques, mais aussi de l'introduction de la langue kabyle dans le théâtre et la comédie classique et universelle. Que de noms sont venus après lui et chacun a contribué à construire l'espace, le marquant de son empreinte, Khoudi, Fellag, Medjoubi... Ils auront tous su s'adapter, adapter et créer toujours en plus beau, en plus attrayant, mettant en scène des romances d'ici et d'ailleurs, basculant du grand classique qu'est Shakespeare aux ?uvres de Mammeri, Mimouni, Djaout... De tous ceux qui y sont passés, l'actuel directeur Omar Fetmouche aura été celui qui a le plus duré, produit le plus et expérimenté différents styles et favorisé le music-hall pour lequel des circonstances favorables ont concouru ; à telle enseigne que la production actuelle se confond et flirte avec l'universalité. A toutes ses réalisations sur les planches, s'ajoute l'exploit d'avoir rapatrié d'Alger vers Béjaïa, le Festival international (Fitb). Un rendez-vous universel de l'art dramatique que Béjaïa a adopté dans son mignon petit théâtre de 360 places, et les quelques espaces improvisés et cercles (Halqa) qui ont accueilli conteurs et autres «gourous» africains. Tous les espaces de la ville ont été réquisitionnés pour le festival qui avance à grands pas instaurant sa référence. Le trentenaire du TR Béjaïa (1986 /2016) Les portes ouvertes sur le TRB depuis ce trentenaire se comptent à pas moins de 61 productions exclusives et ce, depuis Le serment (El-Kassem) du réalisateur Khoudi jusqu'à la toute récente La barque et la forêt du jeune Riad Mammer. Ce sont 31 pièces produites en partenariat avec d'autres théâtres y compris d'outre-mer. Le théâtre de Béjaïa restera l'espace sans stars, où il y aura certes l'apport de Omar Fetmouche, du musicien Bazou, du metteur en scène Abdeli et de tous les autres acteurs de la scène ou du périphérique, du son, de la lumière... Kaouène, Aïtout, Yargui, Challali, Lallali... tous méconnus mais à l'image du théâtre indien, contribuent à la création, à la distribution et à la prestation dans une belle ambiance créative, et l'histoire puisée d'un temps récent, ou passé qui témoigne sans faille de la fidélité des hommes de la montagne, la mer et du soleil. Véritable miroir de la société face à son théâtre en évolution permanente.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : B M Oulhadj
Source : www.lnr-dz.com