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Le jeu trouble de l'Occident



Le jeu trouble de l'Occident
En attendant le décryptage des enregistrements des boîtes noires de l'Airbus A321, l'affaire du crash de l'appareil russe dans le Sinaï a le mérite de révéler l'absence d'une réelle volonté des Occidentaux de collaborer avec la Russie en matière d'échange du renseignement sur le terrorisme au Proche-Orient.La collaboration entre les services du renseignement des différents pays dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, considéré pourtant par tous comme l'ennemi commun, ne serait qu'un vain mot. C'est ce qui semble, du moins, ressortir des développements de l'affaire du crash de l'avion de la compagnie russe Metrojet le 31 octobre dernier dans le Sinaï. Le crash a fait 224 victimes, en majorité des touristes russes, alors qu'ils rentraient de vacances à Charm El-Cheikh en direction de Saint-Pétersbourg.Il ne fait aucun doute que la confiance ne règne pas entre les services occidentaux du renseignement et leurs vis-à-vis russes, mais cela n'aurait pas dû avoir d'incidences sur leurs relations dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, du moment que chacune des deux parties s'est engagée à combattre ce fléau sans relâche dans l'intérêt général. Il n'en demeure pas moins qu'il semble qu'il y ait eu rétention de l'information de la part des services occidentaux du renseignement, lesquels n'ont pas collaboré avec leurs homologues russes et surtout égyptiens. Cela a été déploré hier par le chef de la diplomatie égyptienne Sameh Choukri qui a estimé que les renseignements, qui auraient joué un rôle dans la décision de la Grande-Bretagne de suspendre ses vols vers et au départ de Charm El-Cheikh, n'avaient pas été fournis aux services de sécurité égyptiens. "Nous nous attendions à ce que toute information technique soit partagée avec nous avant sa publication dans les médias", a-t-il regretté. Dans la foulée, il a rappelé qu'aucune "hypothèse" ne ressortait à ce stade de l'enquête sur le crash. "Nous n'avons écarté aucune possibilité, mais il n'y a pas encore d'hypothèse avant que l'enquête soit finie et qu'un rapport complet ne soit dachevée", a notamment déclaré hier M. Choukri. Cet avis est loin d'être partagé en Occident, particulièrement à Paris où des sources proches du dossier ont affirmé que l'analyse des boîtes noires de l'Airbus A321 permet de "privilégier fortement" la thèse d'un attentat à la bombe. Londres et Washington avaient déjà ouvertement évoqué la piste d'une bombe dans l'appareil. Une source qui a requis l'anonymat a indiqué que, selon le décryptage de l'enregistreur des données de vol et de l'enregistreur des voix dans le cockpit, il apparaît que "tout était normal" jusqu'à la 24e minute de vol, quand les boîtes noires ont brutalement cessé de fonctionner, comportement symptomatique d'une "très soudaine dépressurisation explosive". Elle a ajouté que "l'hypothèse d'une explosion avec pour origine une défaillance technique, un incendie ou autre apparaît hautement improbable". Cela étant, la collaboration entre services du renseignement serait sélective, si l'on se fie aux déclarations du ministre américain de la Sécurité intérieure, qui a indiqué que "certains" aéroports du Moyen-Orient avaient été priés de renforcer leurs mesures de sécurité pour les vols en direction des Etats-Unis, par "précaution".M.T.


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