
L'ambassade de l'équateur à Alger a pris l'initiative de mettre en lumière, via une séance cinéma, la saga judiciaire opposant depuis plus de vingt ans les populations de l'Amazonie équatoriale au pétrolier américain Chevron-Texaco, accusé d'être responsable d'un des pires désastres environnementaux de la planète au sein de la forêt amazonienne, lors d'une exploitation pétrolière en Equateur entre 1964 et 1990.C'est à travers une fiction intitulée El juge sucio, dont la traduction intégrale est «Le sale jeu» ou «Le jeu déloyal» que son Excellence, l'ambassadeur José Rafael Serrano Herreira, a voulu inviter, mercredi soir, les présents à partager avec lui l'histoire de cette relation tumultueuse qui oppose depuis 1993 les Etats-Unis et l'Equateur, via la compagnie pétrolière Texaco rachetée par Chevron en 2001 et les populations de ??Lago Agrio'', contrée située en pleine Amazonie. Des populations qui ont été touchées de plein fouet par la pollution encore visible aujourd'hui.D'effrayants stigmates qui sont gardés par les plaignants comme autant de pièces à conviction contre la compagnie américaine, et dont les effets ont touché la nature et l'homme. Selon les images servant de trame à la fiction, les dégâts sont visibles sur la luxuriante végétation amazonienne engluée dans le pétrole, la faune, dont certaines espèces ont été décimées, et l'eau dont la contamination a eu un impact sur les habitants qui souffrent de nombreuses maladies, dont des cancers. Le scénario du film raconte l'histoire d'un journaliste d'investigation américain, David Drapeau (Frank Bonilla) chargé d'aller en Equateur pour démontrer l'existence d'une fraude présumée commise par le pays andin contre Chevron-Texaco.Sa mission principale consiste à subtiliser des preuves censées disculper Chevron et enfoncer les plaignants équatoriens accusés de fraude. Cependant, après sa recherche dans le pays andin, le journaliste américain ? qui se fait passer pour un étudiant ? est assailli par le doute au vu des témoignages qu'il recueille. Il décide alors de désobéir aux ordres de ses patrons, en allant chercher la vérité sur le terrain, soit en plein c?ur de l'Amazonie équatorienne.En découvrant le désastre écologique visible des années après en plein c?ur de l'Amazonie, le journaliste voit son destin basculer, et ce qui devait être le plus grand coup médiatique de sa carrière, devient alors un tournant dans sa vie professionnelle et personnelle. Conscient d'avoir été manipulé pour changer le cours du procès qui oppose son pays à l'Equateur, il décide de désobéir à son mystérieux patron et son vis-à-vis direct, Peter Beck (Alex Cisneros), et de rester en Equateur pour entamer une nouvelle vie. Si les personnages et les situations racontées dans le film sont fictifs, il va sans dire que le conflit qui oppose les populations andines et le géant pétrolier américain Chevron sont malheureusement bien réelles.Et dans la réalité, la compagnie américaine est loin de s'avouer coupable, malgré un procès ouvert dès 1993 et un premier verdict la condamnant en 2011 à verser 9,5 milliards de dollars aux 30 000 plaignants pour ces dégâts environnementaux et sociaux occasionnés par ses forages. Tout en saisissant la justice équatorienne pour faire annuler sa première condamnation, Chevron s'appuie en parallèle sur la justice de son pays et enchaîne les procès aux Etats-Unis contre les plaignants accusés de fraude et de corruption. Ainsi, une cour d'appel de New York a confirmé en août 2016 un jugement d'un tribunal américain ? datant de mars 2014 ? rejetant l'amende de 9,5 milliards de dollars infligée en 2011 par la cour équatorienne de la province de Sucumbíos en Equateur. Un jugement pourtant confirmé en 2012. Les avocats des 30 000 plaignants qui composent «l'Association des Victimes de Texaco» entreprennent, pour leur part, depuis des décennies, des démarches en Equateur, mais aussi dans beaucoup de pays où le géant pétrolier américain a des actifs. Chevron-Texaco ayant retiré tous ses fonds d'Equateur, les plaignants se battent au Canada, au Brésil, en Colombie et en Argentine afin de recouvrer leur dû.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Zhor Hadjam
Source : www.elwatan.com