Le «Grand Hôtel»d'Oran, qui fait partie du patrimoine historique de la ville, a été finalementcédé à un investisseur algérien par le Conseil de participation de l'Etat (CPE)après des mois de négociations.Le nouveau propriétaires'est engagé à investir pour la restauration de cet hôtel, dont les travaux deconstruction avaient commencé en 1890, pour durer près de trente ans. Le «GrandHôtel» n'avait ouvert ses portes qu'en 1920. Les 65travailleurs de l'hôtel que nous avons contactés se sont inquiétés de leursort, après la privatisation de cet établissement hôtelier. «On n'a pas étéconsultés durant les négociations de cession et on ne dispose d'aucune garantiepour le personnel», déclarent les représentants des travailleurs. Ces derniersaffirment que 99% des travailleurs veulent bénéficier du départ volontaireconformément à un accord collectif élaboré le 30 septembre 2006 entre laFédération nationale du tourisme et commerce/UGTA et GESTOUR. L'accord stipule,dans son article n°2 alinéa C, qu'»en cas de cession d'une unité ou d'uneentreprise dans sa globalité, une indemnité de départ volontaire doit êtreversée aux travailleurs qui en font la demande». Cette indemnitéest calculée, selon nos interlocuteurs, sur la base de deux mois par annéed'ancienneté. «Le 19 mars dernier, nous avons fait une AG avec les travailleursqui ont tous décidé, sans exception, de déposer des demandes de départvolontaire. Les travailleurs pourraient, ensuite, négocier avec le nouveaupatron pour revenir à leurs postes de travail», signalent les syndicalistes.Abordant les détails de la cession, on apprend de nos interlocuteurs que cetétablissement hôtelier aurait été vendu pour la somme de 51 milliards decentimes. Ces derniers affirment que l'hôtel, qui se trouve au centre-ville,vaut en réalité plus. Mais en raison de l'état actuel de la bâtisse, le nouveaupatron doit investir d'énormes sommes pour sa restauration. Un récent rapportdu Contrôle technique des constructions (CTC) signale, en effet, que l'hôtelmenace ruine et a besoin de grands travaux de confortement.«En 2000, unexpert algérois a estimé le coût de la restauration à pas moins de 25 milliardsde centimes; mais entre-temps, les prix des matériaux de construction ontpresque triplé, ce qui nécessite de revoir à la hausse cette estimation»,expliquent les concernés. D'ailleurs, le nouveau propriétaire a ramenérécemment une délégation d'experts français spécialisés dans la restaurationdes constructions de style haussmanien. Une bâtisse de ce style nécessite lerecours à des matériaux de construction spécifiques pour mener à bien lestravaux de confortement des fondations et de ravalement des façades. Contacté àce propos, le DG de l'Entreprise de gestion touristique de l'Ouest (EGTO), M.Sellal Abdelaziz, affirme: «Le Grand Hôtel a été cédé effectivement à uninvestisseur algérien suite à une résolution du Conseil de participation del'Etat (CPE). C'est mieux comme ça et pour l'hôtel qui menaçait ruine et pourles travailleurs qui risquaient une suspension de paiement, puisque le nouveaupatron s'est engagé à faire des investissements pour la réhabilitation deslieux et pour la prise en charge et la formation du personnel». Et d'enchaîner:«Les travailleurs s'inquiètent pour rien. La privatisation n'est pas synonymede suppression d'emploi, mais seulement un transfert d'activités». Abordant laquestion du départ volontaire soulevée par les syndicalistes, il précise: «Lestravailleurs n'auront aucun avantage s'ils décident d'opter pour le départvolontaire et le mieux est qu'ils continuent à exercer dans cet établissementhôtelier. La loi est claire dans ce genre de cas. Les travailleurs qui décidentde bénéficier du départ volontaire n'auront plus le droit d'exercer pendantcinq ans au niveau du secteur touristique, que ce soit chez le privé ou l'Etat.D'ailleurs, la CNAS est au courant de cette disposition et tout contrevenantsera vite repéré par les services concernés». Interrogé sur leprix de cession de l'hôtel, notre interlocuteur n'a voulu donné aucun chiffreet s'est contenté de dire que l'établissement a été déjà acquis par le nouveaupropriétaire et il ne reste maintenant que l'achèvement des dernierspréparatifs pour l'élaboration des contrats de cession avant le transfert à sonnouveau propriétaire. «On espère qu'une fois réhabilité, cet établissement dupatrimoine de la ville deviendra un exemple, à l'image de l'»Hôtel Royal» quiétait à l'abandon durant des décennies, avant d'être repris par un privé», conclutnotre source.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Sofiane M
Source : www.lequotidien-oran.com