Alger - A la une

Le grand coup du désert



Une opération marketing qui vaut mille reportages
Avec les atouts dont elle dispose, l'Algérie pourrait faire de cet événement une opportunité pour «vendre» son image réelle.
En décembre dernier, Amaury Sport Organisation, le propriétaire et organisateur du Paris-Dakar, a transmis aux autorités algériennes une proposition officielle. Dans ce document, il propose d'organiser un «Dakar Séries», un rallye professionnel et amateur de six jours, à partir de septembre 2018», rapporte le site d'information TSA.
Il faut dire que le seul fait d'en faire la demande, donne à cette perspective une dimension bien au-delà de son caractère prioritairement sportif. Il est clair, en effet, que cette course automobile a connu ces heures de gloires, mais a dû également cesser, en rapport avec une situation politico-sécuritaire qu'a traversée l'Algérie.
Et pour cause, le rallye Paris-Alger-Dakar a été mis dans les arcanes de ses promoteurs en 1993, c'est-à-dire, il y a de cela 25 ans. L'Algérie était en prise avec un terrorisme ravageur qui ne laissait, disons-le, aucune marge à n'importe quelle activité sportive, même si à l'époque, le Grand Sud était épargné de la violence. Mais les organisateurs du Dakar avaient leurs raisons que certaines sphères politiques d'outre-mer ont exploitées pour noircir totalement l'image du pays. Pendant toutes ces 25 années, le mêmes cercles poursuivaient leurs «missions» de dénigrement de l'Algérie, malgré la très nette amélioration des conditions sécuritaires sur l'ensemble du territoire national.
Prisme déformant
Le reste du monde continue de voir le pays à travers le prisme déformant d'une époque, pourtant aujourd'hui révolue. Tous les efforts déployés par les pouvoirs publics pour convaincre le reste du monde, butaient face à une campagne tenace dirigée contre l'Algérie. Mais il se trouve que lesdits efforts ont fini par porter leurs fruits auprès de professionnels qui ne font pas de calculs politiciens. Ils ont vu, constaté et confirmé le retour de la sécurité, à même de leur permettre de relancer une activité sportivement stimulante et économiquement rentable. On rajoutera pour cette fois, diplomatiquement percutante pour l'image de l'Algérie auprès de l'opinion publique internationale. Et pour cause, les animateurs de ce rendez-vous planétaire apportent la garantie d'une organisation aux standards internationaux à tous points de vue et notamment en matière de communication. Avec une couverture médiatique d'envergure mondiale, le «Dakar Séries Algérie» apportera la preuve par quatre de la beauté des sites touristiques algériens et confirmerait, par la même occasion, le retour total de la sécurité.
Avec les atouts dont elle dispose, l'Algérie pourrait faire de cet événement une opportunité pour vendre son image réelle, et du coup, trouver des mécanismes idoines pour transformer cette manifestation en un élément de marketing de choix pour faire connaître les potentialités que renferme le pays en général et le Grand Sud en particulier.
La signification que porte cette sollicitation d'une organisation mondiale qui a la charge d'organiser les rallyes dans le monde, renseigne sur l'état de l'évolution sur les questions stratégiques que certaines officines occidentales ont fort parié sur l'idée que l'Algérie est «un pays potentiellement à risque», en se basant sur des éléments qui échappent aux critères et standards objectifs d'une évaluation réaliste, quant au volet de la sécurité et le niveau de nuisance des groupes terroristes et ses conséquences sur la stabilité d'un pays.
Cette sollicitation coupe court aux spéculations de certains qui ne voyaient pas d'un bon oeil le redéploiement de l'Algérie au niveau régional.
Bref, cette demande doit être valorisée par les responsables politiques dans le pays. La meilleure manière d'agir par voie de conséquence, c'est de saisir cette opportunité en la transformant en un événement qui sied à l'importance stratégique du pays, c'est-à-dire montrer au monde que ce pays est ouvert sur l'universel, voire ancré dans les valeurs humanistes de par ce qu'il renferme comme tiroir civilisationnel et patrimoine reconnu par l'Unesco à l'image de Tassili n'Ajjer qui est considéré comme le plus grand musée à ciel ouvert dans le monde. Ce potentiel doit être mobilisé à bon escient par les autorités politiques du pays pour lui donner un sens à la hauteur de l'histoire millénaire de ce pays. Le rallye Paris-Alger-Dakar devrait être une véritable halte pour les experts algériens dans le domaine de management et le marketing politique pour engager une dynamique de médiatisation massive en mesure de casser avec les clichés et les stéréotypes qui réduisent le pays à une espèce de représentation morne et insipide dépourvue de vitalité digne de ce pays continent.
La Grande Boucle s'ouvre à l'Algérie
Le temps est venu pour que les responsables du pays relèvent le défi qui a trait à l'image de marque du pays, puisque maintenant les masques sont tombés, et les contrevérités et les inepties commencent à s'estomper à propos de la situation sécuritaire de l'Algérie et de sa stabilité politique. Il faut redoubler d'efforts pour offrir au monde et à ceux qui ne voyaient de l'Algérie que le tableau hideux pétri de sinistrose et de mélancolie, le tableau panoramique d'un pays disposant d'un désert envoûtant et berçant qui donnera au rallye version «Séries Dakar-Algérie» une dimension féerique et rayonnante à la hauteur de ce grand pays.
Le retour du Dakar en Algérie n'est pas la seule bonne initiative des organisateurs. Il y a également et surtout la «surprenante» et ô! combien fructueuse proposition d'intégrer le nord de l'Algérie dans le très médiatique Tour de France de cyclisme. Le projet qui, dit-on, a dépassé le stade de l'idée, prend les proportions d'un chantier «passionnant» pour la boîte qui organise l'événement, puisqu'elle a dépêché à Alger, Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France. «C'est une première prise de contact avec les autorités algériennes. Si le Tour de France sort d'Europe, ce sera en Algérie. Ce n'est pas mal non. Aucun rêve n'est impossible si les deux parties arrivent à exprimer leur volonté», a déclaré Christian Prudhomme, au sortir d'un entretien avec le ministre de la Jeunesse et des Sports, El Hadi Ould Ali. Il faut savoir que la tradition veut que le coup d'envoi du Tour de France soit donné dans un pays européen. Il se pourrait qu'en cas d'accord, la prochaine édition de la prestigieuse manifestation sportive démarre à partir d'une ville algérienne. Pareille perspective vaut toutes les campagnes de publicité possibles et imaginables. Et pour cause, pas moins de 170 pays dans le monde sont concernés par la Grande Boucle. Des centaines de chaînes de télévision couvrent le troisième événement sportif de la planète après la Coupe du monde de football et les Jeux olympiques.
Côté algérien, on n'hésite pas à considérer toute l'importance de la chose, en ce sens que «chaque année, plus de 280 villes se portent candidates pour accueillir la Grande Boucle soit en tant que ville itinéraire», a souligné le président de la Fédération algérienne de cyclisme, Mabrouk Kerboua.
Cela pour l'aspect sportif du projet. Sur un aspect plus politique, il est clair qu'associé au retour du Dakar, l'intégration d'une étape algérienne dans le Tour de France complètera, à n'en pas douter, le tableau d'une renaissance de l'Algérie, en tant que destination touristique de premier ordre. Le double événement sportif, organisé faut-il le souligner par une entreprise française, ne saurait être imaginé, sans l'accord de l'Elysée. Faut-il y voir une réelle bonne volonté, enfin de la France, d'édifier un partenariat véritablement sincère avec l'Algérie' Si ces deux projets se matérialisent, dans les conditions qui agréent l'Etat algérien, ce serait effectivement une grande victoire de la coopération algéro-française.
Cela voudra dire que la France officielle qui, jusque-là, faisait directement ou indirectement obstacle à toute tentative de donner une image positive de l'Algérie, a effectivement changé de posture et considère que l'amélioration de l'image de marque de l'Algérie contribue au raffermissement du partenariat entre les deux pays. D'ailleurs, le président français, Emmanuel Macron l'a assez bien exprimé lors de la conférence de presse à Alger, en n'accordant pas aux critiques adressées à l'Etat algérien plus d'importance qu'elles ne méritent.
Le temps de construire des relations dans le respect mutuel est peut-être bel et bien arrivé. Entre l'Algérie et la France, il y a certes beaucoup de bonnes et de mauvaises choses, mais il y a désormais encore deux grands projets susceptibles de faire fondre définitivement le mur de la suspicion. Une Algérie véritablement ouverte sur le monde ne peut faire peur qu'aux nostalgiques de l'Algérie française. L'actuelle direction française n'en compte pas dans ses rangs. Et c'est tant mieux.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)