
La spéculation a atteint son paroxysme pendant et après la célébration de l'Aïd El Adha. En effet, quelques revendeurs se sont approvisionné en pain pour le revendre. Se faisant passer pour des clients ordinaires, ils se sont distingués, cependant, par de grosses commandes. Comme demander au boulanger tout un panier de baguettes. L'intention étant de les revendre. Ce qui a suscité une certaine résistance de quelques boulangers qui savent de quelle ampleur est la demande en pareille période.« Le comportement de certaines personnes et le manque de civisme sont également à l'origine de la perturbation », estime Dahar Aïchi, représentant de la Direction du commerce de la wilaya d'Alger. Selon lui, les boulangers réquisitionnés ont pratiquement assuré la permanence mis à part quelques-uns à Dar El Beïda et à Rouiba. Les autres étaient contraints de rester ouverts. Seulement, le pain a été produit en quantité suffisante, mais certains consommateurs ont acheté plus qu'il n'en fallait pour ensuite le revendre. D'ailleurs, l'on constate que bon nombre de citoyens peinent toujours à trouver une baguette de pain et les rares boulangeries encore ouvertes sont prises d'assaut. Les consommateurs se rabattent ainsi sur le marché informel. Profitant de cette situation, les revendeurs proposent la baguette de pain à 35 DA et dans quelles conditions ! Des corbeilles sont installées sur les trottoirs, devant les rigoles des eaux usées et les détritus. D'autres exposent le pain à même le sol sur un sachet en plastique. Le décor est affligeant. Et pourtant, les citoyens font la queue et en achètent. Pour eux, trouver du pain en cette période de fête religieuse est un véritable exploit. Selon Aïchi, la faute n'incombe pas uniquement aux commerçants. Aussi, s'interroge-t-il, comment 413 boulangeries recensées dans la wilaya d'Alger peuvent-elles couvrir les besoins de tous les citoyens alors que les 826 existantes ont du mal à répondre aux besoins de la population pendant les jours ordinaires ' Il a rappelé qu'il y a quelque temps, le nombre de boulangeries dans la wilaya d'Alger étaient de 1.200. Un nombre qui a diminué depuis. Des établissements sont fermés pour diverses raisons dont les questions d'héritage, le non-renouvellement de la location, les contentieux de différentes natures, la faillite.Selon Aïchi, les citoyens doivent savoir que pour les jours de fête, la Direction du commerce de la wilaya d'Alger a exigé qu'« un service minimum » soit assuré. D'ailleurs, en réponse à la réaction de certains citoyens qui réfutent le taux de suivi de la permanence estimé à plus de 90%, Aïchi dira que les activités dites « autres » n'ont pas été concernées. Il citera, comme exemple, les magasins de prêt-à-porter, les quincailleries, drogueries, stations de lavage de véhicules et même les commerces des fruits et légumes. Pour notre interlocuteur, ces commerces ne sont pas concernés par la permanence. « On ne peut pas obliger ces commerçants à assurer l'ouverture de leurs magasins puisque leurs produits ne sont pas indispensables le jour de l'Aïd », explique-t-il. « Ces activités représentent plus que la moitié du commerce dans la capitale, raison pour laquelle Alger paraît vide », ajoute-t-il.Et de poursuivre : « La Direction du commerce de la wilaya d'Alger a fait augmenter de 5% le nombre de commerçants permanenciers par rapport à l'Aïd El Fitr. » Selon lui, la wilaya d'Alger compte un total de 10.623 commerçants (fabricants, grossistes et détaillants) répondant à différentes activités et classées par zone. Pour Aïchi, leur nombre demeure en décalage avec la taille de la population, à laquelle s'ajoutent les personnes qui y transitent quotidiennement. Selon Aïchi, 24 commerces n'ont pas respecté la permanence dont 11 à Rouiba. « Ils seront sanctionnés », dit-il. Selon lui, les commerçants ont été informés du programme de permanence établi par la Direction du commerce de la wilaya d'Alger.Il a indiqué que la réquisition a été établie par un procès-verbal signé par l'agent de contrôle et le gérant du local. « Les fraudeurs risquent la fermeture de leur local pendant 30 jours en plus d'une amende qui oscille entre 30.000 et 100.000 DA », ajoute le même responsable. « La sanction sera doublée dans le cas où le commerçant n'aurait pas assuré la permanence pendant les deux jours de l'Aïd El Adha », avertit Aïchi.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rym Harhoura
Source : www.horizons-dz.com