Un séminaire sur la harga s'ouvre aujourd'hui à Alger. Initié par le ministère de l'Intérieur, il a pour objectif de dégager une série de recommandations pour la mise en place de mesures visant à gérer plus efficacement la situation.Abla Chérif - Alger (Le Soir) - L'Algérie veut mettre fin au phénomène de la harga et tente, pour ce faire, de mettre en place tout un processus visant à atteindre cet objectif. Dans l'étape actuelle, décision a donc été prise de réunir toutes les parties ayant pour habitude ou s'étant déjà penchées sur le sujet et étant, par conséquent, en mesure de fournir des propositions efficaces.
Plusieurs organisations chargées de la jeunesse, d'associations, de membres de la société civile mais aussi de cadres, chercheurs et sociologues ont été conviés à cette rencontre devant s'étaler sur deux jours. Parmi les participants, on notera la présence de représentants et membres du CRASC (Centre de recherches en anthropologie sociale et culturelle). Il est considéré comme étant l'un des organismes ayant le plus travaillé sur le phénomène au cours de ces dernières années. En 2012, une étude menée conjointement avec des organismes de recherche espagnols a été menée sur le thème notamment dans l'Oranie, l'une des régions les plus exposées à la harga, nous avait alors révélé l'un des participants à ce projet.
Comme le reste des conviés à ce séminaire, le CRASC est cette fois-ci censé proposer des solutions pour endiguer le phénomène. Jusque-là, les différents gouvernements qui se sont succédé se sont contentés de mettre en place une batterie de mesures restrictives et essentiellement sécuritaires pour tenter de stopper les harragas. L'acte même de la harga est puni de cinq années d'emprisonnement, tandis que la peine encourue par les passeurs peut aller jusqu'à 10 ans.
Les forces de l'ordre ont également intensifié la surveillance au niveau des zones de départs. Ce dispositif n'a malheureusement en rien réduit le phénomène. Des images montrant des corps de jeunes Algériens victimes d'accidents en haute mer ont fait le tour du monde ces dernières semaines et généré un malaise très perceptible chez les familles.
Des drames comme ceux des harragas de Raïs-Hamidou (ex-Pointe-Pescade) morts après qu'un incendie s'est déclaré dans le moteur de leur embarcation, ont choqué les Algériens et poussé des jeunes à sortir spontanément dans les rues de la capitale crier leur désarroi. Recensement encore, le responsable du dossier de l'immigration auprès du ministère de l'Intérieur a avoué l'échec des mesures entreprises jusqu'à présent, soulignant que la mort des Algériens de cette façon était très douloureuse. «Il faut explorer d'autres pistes, donner de l'espoir, véhiculer des messages encourageants», a-t-il ajouté.
Au même moment, une instruction émanant du ministère des Affaires religieuses a été adressée aux imams de tout le pays afin d'axer leurs prêches sur le sujet. Un coup de pied a été également donné dans le milieu des passeurs dévoilant l'implication d'un réseau d'anciens pêcheurs dans le marché juteux. Les pouvoirs publics veulent, cependant, aller plus loin.
A.'c.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abla Chérif
Source : www.lesoirdalgerie.com