Les syndicats autonomes se mobilisent face aux lois «antisociales»C'est une fin d'année qui s'annonce mouvementée à laquelle devra faire face le gouvernement d'Ahmed Ouyahia. Alors que le projet de loi de finances pour 2018 fait craindre le pire aux Algériens, le front social risque d'exploser au cours de ces deux derniers mois de 2017.
Le projet de loi sanitaire, le retour à la charge des syndicats de l'éducation, les menaces de l'intersyndicale autonome, rien ne prédit que l'Exécutif allait passer une fin d'année tranquille. «Depuis quelques jours déjà, les syndicats autonomes mobilisent leurs bases militantes afin de se tenir prêts à toute éventualité de descendre dans la rue», indique un responsable syndical du Conseil des lycées d'Algérie (CLA). La sonnette d'alarme est tirée, sauf que le gouvernement continue de prendre la chose à la légère. Il suffit, en effet, de suivre l'évolution du discours chez les organisations syndicales autonomes pour se rendre compte qu'il y a bouillonnement à tous les niveaux. Dans la santé, bien que certains syndicats soient favorables à la réforme du système régissant le secteur, il n'en demeure pas moins qu'un passage en force du projet de loi actuellement à la chambre basse du Parlement, va faire des mécontents. «La remise en cause de la gratuité des soins et la non prise en charge de certaines doléances dans ce projet» s'il venait à être adopté sans association des partenaires sociaux à l'instar du SNPSP, du SNPSSP ou du SAP, risque de basculer nos hôpitaux dans la paralysie. Toujours dans le département de Mokhtar Hasbellaoui, les médecins résidents s'organisent au niveau national et annoncent d'ores et déjà une grève cyclique de deux jours, dont la première sera observée les 14 et 15 novembre courant pour revendiquer, entre autres, «l'abrogation définie du service civil dans sa forme actuelle, la révision du statut général du résident et l'amélioration des conditions de travail». Autre secteur sensible, l'éducation nationale où les syndicats sont sur le qui-vive à cause des promesses «non tenues» du ministère de tutelle. Le CLA qui a organisé en début de mois son conseil national, a menacé de se retirer de la commission mixte nationale chargée de la révision du statut particulier des travailleurs de l'éducation si jamais les travaux ne sont pas achevés d'ici le 30 du mois en cours. Il est vrai que ce dossier a trop traîné à tel point qu'il a fini par être mis dans les tiroirs. A cet effet, le CLA prévoit un sit-in devant le siège du département de Nouria Benghebrit mercredi prochain. A cela s'ajoute la riposte que prépare une quinzaine d'organisations regroupées au sein de l'intersyndicale autonome de la Fonction publique, à travers un grand rassemblement à Alger le 25 décembre
prochain, pour réclamer la suppression de la nouvelle loi sur la retraite, l'association dans l'élaboration du futur code de travail et la protection du pouvoir d'achat. Trois dossiers sur lesquels ils ne comptent pas faire marche arrière. D'ailleurs, cette dynamique a fini par aboutir à la création d'une Confédération autonome des syndicats algériens (CSA) dont l'assemblée constitutive sera organisée le 11 décembre. Qu'y a-t-il de plus fort qu'une confédération pour faire face au monopole de l'Ugta dans la relation entre le gouvernement et la classe ouvrière ! Les syndicats ont donc fini par comprendre qu'il fallait s'unir pour peser. C'est dire qu'avec tous ces mouvements qui se préparent et les lois qui s'apprêtent à être adoptées à l'Assemblée populaire nationale (APN), le gouvernement d'Ouyahia ne va sûrement pas célébrer la fin de l'année avec les feux d'artifice.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Aïssa Moussi
Source : www.letempsdz.com