
Paradoxalement, c'est au moment où l'opinion continuait à s'offusquer de la fermeture de la chaîne de télévision El Watan-TV que le président de la République se fend d'un message d'apaisement à l'endroit de la famille de la presse.On est loin, en tout cas, du contenu de la missive du mois de mars dernier dans laquelle Bouteflika, dans des propos d'une rare violence, avait tiré à boulets rouges sur l'opposition et la presse. Dans son message hier à la veille de la célébration de la Journée nationale de la presse, Abdelaziz Bouteflika a préféré focaliser sur le cadre juridique, encore manquant, pour réguler la presse et la nécessité pour les éditeurs d'assumer leur responsabilité en matière de formation. On l'aura compris, le message sous-entend que les "dépassements", pour reprendre un vocable en vogue chez les officiels, constatés notamment chez les chaînes de télés privées sont dus à l'absence de cadre juridique, notamment le cahier des charges encore en projet et la mise sur pied des instances de régulation prévues par la loi sur l'information adoptée en 2012. "De la même façon que j'enjoins au gouvernement de parachever l'arsenal juridique régissant les activités liées au secteur de l'information, notamment en ce qui concerne la régulation dans les domaines de la presse écrite et de l'audiovisuel, j'exhorte les professionnels, les éditeurs en particulier, à assumer leurs responsabilités en matière de formation et d'investissement au sein de leurs entreprises afin de garantir la pérennité de l'emploi", a affirmé le président de la République. "De tels efforts doivent se traduire par la professionnalisation des personnels et la modernisation des moyens ainsi que par le respect des dispositions de l'arsenal législatif et réglementaire relatif à la protection des travailleurs du secteur de l'information et la garantie de leurs droits et acquis sociaux", a-t-il ajouté dans ce texte repris par l'APS. Comme pour suggérer qu'il est un adepte de la liberté de la presse et d'expression, Bouteflika rappelle que c'est durant son règne que la presse a connu son épanouissement. "C'est durant la décennie écoulée que les avancées de la presse nationale ont été rendues visibles dans les différents domaines d'expression à travers la radio, la télévision et la presse écrite et électronique, avec la mobilisation des moyens publics nécessaires qu'ils soient matériels, financiers ou de formation, le but, en dernière instance, étant de consacrer le droit constitutionnel du citoyen à l'information. J'ai veillé, en ce qui me concerne, à ce que la presse nationale soit dotée des outils juridiques qui garantissent le libre exercice de ses activités, conformément aux normes et règles professionnelles en vigueur dans les sociétés démocratiques, et dans le respect de la déontologie et de la morale qui guident partout ce métier", dit-il. Comme le gouvernement avant lui, Bouteflika n'a pas manqué de brandir la menace qui pèse sur le pays pour appeler la presse à jouer son "rôle dans la stabilité". "La stabilité reste, sous tous les cieux, la condition fondamentale de la consécration des libertés, du progrès et de la prospérité pour tous. Cet enseignement, l'Algérie l'a tiré de son passé récent et qui rappelle, au demeurant, les douloureux événements que vivent hélas certains pays frères. Il rappelle aussi que la sauvegarde de la stabilité du pays concerne, évidemment dans le cadre de la loi, tous les acteurs y compris l'honorable famille de la presse, qui continue de jouer comme par le passé un rôle essentiel."K. K.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim Kebir
Source : www.liberte-algerie.com