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Le gouvernement en appel



Le gouvernement en appel
Ces chiffres livrés par les services des Douanes attestent que l'addiction aux exportations d'hydrocarbures demeure très importante.«L'Algérie veut donner une impulsion déterminante à son économie pour (...) la rendre plus performante, moins fragile et moins sensible aux chocs externes», avait déclaré Abdelmalek Sellal lors de la 15e tripartite qui s'est tenue le 10 octobre à Alger. Le moment est venu pour passer à l'action.Le Premier ministre ne pouvait mieux dire. L'économie nationale affiche sa fragilité. L'année 2013 est à marquer d'une pierre blanche. L'Algérie n'a pas enregistré de grandes performances même si sa balance commerciale a dégagé un bénéfice de 10,22 milliards de dollars durant les 11 premiers mois de 2013. Grâce notamment à des prix du pétrole qui ont évolué à des niveaux élevés. La fin du pétrole cher n'est heureusement pas pour demain mais les Algériens ne sont apparemment pas encore près de voir le bout du tunnel. Ils attendent toujours la concrétisation des promesses récurrentes qui doivent améliorer leur quotidien. On leur fait miroiter depuis quelques années déjà la mise en oeuvre d'une économie productrice de richesses (hors hydrocarbures) alors que la production nationale n'arrive toujours pas à satisfaire le marché local.Les chiffres livrés par les services des Douanes sont sans appel. Le premier pas confirme que l'addiction aux exportations d'hydrocarbures n'a pas été encore franchie.«Les hydrocarbures... ont constitué l'essentiel (96,72%) des ventes du pays à l'étranger les 11 mois 2013» a indiqué le 21 décembre le Centre national de l'informatique et des statistiques des Douanes (Cnis). En ce qui concerne l'excédent commercial, la mauvaise série n'a pas été enrayée comme pour attester que la marge de manoeuvre s'amenuise irrémédiablement.«L'Algérie a réalisé durant les 11 premiers mois de l'année en cours un excédent commercial de 10,22 milliards de dollars (mds usd), contre 20,42 mds durant la même période de 2012...» annonce la même source. Soit une baisse de 49,95%. Une dégringolade qui met à nu les tares et les faiblesses de l'économie nationale portées à bout de bras par un secteur des hydrocarbures qui lui-même donne des signes d'essoufflement.«Les exportations des hydrocarbures ont atteint 57,92 mds usd durant les onze premiers mois de 2013 contre 64,29 mds usd à la même période de l'année écoulée, enregistrant une baisse de 9,91%», soulignent les services du centre.«Le recul des exportations est dû à une chute de plus de 33% des produits bruts, des biens d'équipements industriels (-13%) et des biens de consommation non alimentaires (-11,7%)», expliquent les enquêteurs du Cnis. L'économie patauge dans un bourbier. Comment en sortir lorsque la conjoncture est à ce point défavorable. D'autres secteurs restent à assainir.Le marché informel brasse plus de 40% de la masse monétaire en circulation, soit environ 13 milliards de dollars, selon des chiffres avancés par des experts tandis que les spéculateurs entretiennent une flambée des prix qui ne cesse de rogner le pouvoir d'achat des salariés alors que l'on a recours à des importations massives de produits de première nécessité pour satisfaire les besoins de la population (pomme de terre, blé, poudre de lait...). Que deviennent dans pareille situation toutes ces déclarations à la cantonade qui nous promettent de nous sortir de la dépendance par rapport au pétrole' De booster une production nationale déjà bien maigrichonne.Le rêve d'un paradis même artificiel est-il possible quand nos hôpitaux ressemblent à des mouroirs et que les trottoirs de nos villes sont des décharges publiques à ciel ouvert' Nous a-t-on promis la lune' Une réalité selon toute vraisemblance qui a fini par se transformer en fatalité pour la majorité des Algériens qui finiront bien par rattraper ceux qui veulent nous faire prendre des vessies pour des lanternes.


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