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«Le Front Polisario apporte sa réponse par les armes»



C'est la guerre et la reprise des combats après 30 ans de cessez-le-feu entre le Front Polisario et le Maroc. Face à l'attentisme de l'ONU et la position de Donald Trump au sujet de la prétendue « souveraineté marocaine » sur le Sahara Occidental, le Front Polisario décide de prendre les armes. La réunion du Conseil de sécurité pour la relance du dialogue entre les belligérants, qui s'est tenue récemment, est jugée positive à juste titre, mais les Sahraouis sont décidés à poursuivre le combat.Abdelhalim Benyellès - Alger (Le Soir) - Mohamed Sidati, représentant de la République arabe sahraouie en France et membre de la Direction du Front Polisario, invité de la Radio nationale Chaîne 3 jeudi, explique que le conflit du Sahara Occidental dure depuis plus de 50 ans et que « nous avons observé un cessez-le-feu pendant plus de 30 ans », mais la situation a totalement changé actuellement en raison de la reprise de la guerre. « Les Sahraouis se sont sentis frustrés par les Nations-Unies, fait-il savoir, puisqu'ils ont formulé de grands espoirs face à la promesse du référendum, mais qui n'a jamais eu lieu », déplore-t-il. Ceci a engendré, en fin de compte, une perte de temps pour la communauté internationale, fait-il constater, déclarant au passage que ceci a dévoilé le rôle « négatif » de l'organisation onusienne. « Les Nations-Unies sont pourtant garantes et protectrices du droit à l'autodétermination .»
Revenant à la dernière réunion, il dira que le Conseil de sécurité s'est réuni et ceci est perçu comme un motif de satisfaction quant à l'application de la Résolution 15-14. Toutefois, il avoue que cette initiative ne répond pas « totalement » aux attentes des Sahraouis. Il ajoute que ceci constitue certes un désaveu pour le Maroc, qui cherchait ces dernières années à vider les résolutions des Nations-Unies de leur « substance », et s'est employé à les détourner de leur cours « normal » de processus de paix, en usant de politique de répression « sans précédent » contre des populations non armées. Evoquant l'alliance marocaine avec l'entité sioniste, Mohamed Sidati estime que ceci risque d'« enfreindre le processus de reprise du dialogue. Mais les Sahraouis sont décidés à prendre leur destin en main et à assumer leur responsabilité », avertissant que le Maroc allait poursuivre ses manœuvres dans le but de contourner les décisions des Nations-Unies. Dans le même sillage, il fait savoir que le Maroc a eu recours à la puissance sioniste afin de « gagner leur faveur et de mener un lobbying auprès des Américains », faisant allusion à la décision de Donald Trump.
La normalisation avec l'entité israélienne, le membre de la Direction du Front Polisario la qualifie d'opération de « brigandage et de marchandage », expliquant qu'il s'agit d'un « troc avec celui qui n'a aucun droit sur ce territoire ». C'est une opération qu'il considère comme une manœuvre de déstabilisation de toute la région du Maghreb. Les Sahraouis ont fait confiance à l'ONU, mais ils ont assisté à son « attentisme » malgré les résolutions du Conseil de sécurité. « Au niveau des Nations-Unies, on a commencé à manœuvrer pour légitimer le Maroc », dénonce-t-il. « Mais les Sahraouis ont compris à présent et ont apporté la réponse la plus appropriée par les armes .» Qui protège le Maroc dans sa politique d'occupation illégale ' Mohamed Sidati considère d'abord la situation au Sahara Occidentale comme un fait colonial, puisqu'il s'agit de « pillages de richesses alors que les populations vivent dans des camps de réfugiés ». Et de poursuivre que « n'eût été l'implication de la France dans ce conflit, le Sahara Occidental aurait été libre et indépendant ». Un rôle négatif, déplore-t-il, car la France abuse de sa position au Conseil de sécurité afin de bloquer le processus de paix. Ce soutien français au Maroc est expliqué par des intérêts économiques et par le pillage des richesses sahraouies.
C'est une attitude qu'il juge malsaine car elle découle d' « une vision coloniale », expliquant que, par le passé, le Sahara Occidental colonisé par l'Espagne échappait aux positions géostratégiques de la France.
Le représentant de la République arabe sahraouie affirme, enfin, que la position française vise d'une manière indirecte l'Algérie, « un pays qui ne satisfait pas beaucoup de décideurs en France », dira-t-il.
A. B.
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