Alger - A la une

Le frein du foncier et du financement



Le financement et la disponibilité du foncier plombent le climat des affaires. Les investisseurs potentiels se plaignent non seulement de ne pas pouvoir facilement accéder au foncier mais également du parcours du combattant que constitue le financement de leurs projets. Des problématiques qui ont constitué l'essentiel des débats au second jour de la conférence nationale pour la relance de l'industrie. Les travaux seront clôturés aujourd'hui avec la synthèse des recommandations devant servir de base à un projet pouvant hisser le secteur de l'industrie à des niveaux qu'il peine à atteindre encore.Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Deuxième jour hier de la conférence nationale pour la relance de l'industrie. Les travaux se sont poursuivis en ateliers au cours desquels les intervenants ont pu évoquer les nombreuses entraves à l'investissement, à leur tête, les difficultés liés à l'accès au foncier mais également celles ayant un lien avec les financements.
Au sein de l'atelier dédié à l'amélioration de l'environnement des affaires et la disponibilité du foncier, le constat a été unanime : le climat des affaires en Algérie ne favorise pas l'investissement.
Nadir Laagoune, investisseur et membre du Care, a expliqué lors de son intervention que la première question que se pose un investisseur c'est ce que représente ce marché. Comment y accéder ' Quels sont les coûts de l'énergie, de la main-d'œuvre, de la logistique mais également quelles sont les mesures réglementaires qui protègent ses investisseurs ' Le patron du groupe Iris a estimé, pour sa part, que le climat des affaires n'était pas très favorable à l'investissement surtout après l'incarcération de plusieurs patrons sans compter l'instabilité de l'arsenal juridique qui change régulièrement.
Il a également évoqué la réticence de plus en plus grande des banques à accorder des crédits. Intervenant à son tour, Abdelmadjid Messaoudi, économiste et consultant auprès du ministère de l'Industrie, a estimé qu'il était temps de lever les obstacles qui freinent l'investissement, à leur tête le foncier et le financement qui arrivent en tête des difficultés rencontrées. Chiffres à l'appui, il dira que les crédits bancaires étaient en forte chute depuis 2014.
Le P-dg du Crédit populaire algérien (CPA) a défendu les choix faits par les banques, estimant que les ressources devaient être orientées vers les « véritables » investisseurs, affirmant que, très souvent, la banque trouve que l'investisseur qui sollicitait un financement n'avait pas « la capacité de porter l'investissement » et que s'il était financé, cela s'apparentait à du « gaspillage ». C'est aussi le cas, dit-il, pour le financement des entreprises en difficulté, même celles qui sont qualifiées de « fleurons », car, dit-il, « il faut accepter que les entreprises disparaissent ».
Au sujet des investissements, le consultant dira qu'au premier semestre de l'année en cours, 994 projets sont enregistrés au niveau de l'Agence nationale de développement des investissements (Andi) à laquelle il a reproché une absence de transparence dans la publication des statistiques. Un reproche balayé d'un revers de main par le premier responsable de ladite agence qui assure que les chiffres étaient régulièrement publiés et repris par la presse.
Les présents ont plaidé pour une approche plus pragmatique avec des institutions au niveau local qui ne font plus que du secrétariat mais qui peuvent répondre à des problèmes concrets rencontrés sur le terrain, ce qui, disent-ils, contribuera à réduire le fossé entre l'administration et les investisseurs.
Les recommandations formulées seront restituées aujourd'hui au dernier jour de la conférence sur la relance de l'industrie.
N. I.
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