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Le football algérien en sort-il plus fort 'Après la qualification de l'EN au Mondial



Le football algérien en sort-il plus fort 'Après la qualification de l'EN au Mondial
La qualification, pour la 4e fois de son histoire, de l'équipe d'Algérie de football à une phase finale de Coupe du monde est-elle l'illustration d'une discipline en pleine réussite ' Cette question doit être posée au moment où règne une certaine euphorie qui veut nous faire croire que tout va pour le mieux pour le football algérien.En sport, il est coutumier d'affirmer qu'une équipe nationale est la vitrine de la discipline qu'elle représente. Une équipe nationale qui gagne, cela suppose une discipline en bonne santé qui se projette dans l'avenir en préparant les futurs grands athlètes qui vont faire honneur au pays.Est-ce le cas avec le football algérien ' La réponse est non. L'équipe nationale qui vient de se qualifier pour la Coupe du monde 2014 n'a presque rien à voir avec ce sport. Nous n'avons pas besoin de le dire.Le président de la Faf, Mohamed Raouraoua, s'est récemment exprimé sur le sujet pour déclarer que «l'équipe nationale ne représente pas le football algérien».Ce sont des propos qui décrivent la réalité du terrain. Prenez l'équipe qui a été alignée à Blida contre le Burkina Faso.Il y avait là deux joueurs du championnat local, à savoir les deux sociétaires de l'USM Alger, Zemmamouche et Khoualed.A ces deux éléments on peut en ajouter deux autres qui jouaient récemment dans des clubs locaux et qui, depuis, évoluent à l'étranger, à savoir Soudani et Slimani.Tous les autres, y compris les trois qui sont entrés comme remplaçants, viennent de clubs européens où ils ont été formés.Une seconde question peut alors être posée : quelle a été la contribution du football algérien et de ses clubs dans la réussite de cette équipe nationale ' Une contribution plus que modeste compte tenu du très faible pourcentage de joueurs locaux internationaux.Les équipes nationales réellement représentatives du football algérien ce sont celles des jeunes catégories. Quelles sont les résultats de ces dernières ' Absolument calamiteux, ce qui signifie bien que ce football, qui cherche à se gargariser des exploits des seniors, ferait mieux de se demander ce qu'il est en train de faire pour préparer l'avenir.L'équipe senior ne lui appartient pas. Elle est la propriété de l'Etat qui, par le biais de la Faf et du MJS, cherche à se doter d'une sélection compétitive sur le plan international.Où sont les sélections de jeunes 'L'échec du football algérien sur le plan local est plus qu'évident. Ce sport ne parvient même pas à monter des équipes nationales de jeunes compétitives.Quand on faillit au niveau des jeunes, on ne peut prétendre obtenir une équipe nationale senior de qualité. Reste alors la solution d'aller voir ailleurs et de prospecter au niveau de son émigration là où se trouvent des joueurs formés par les autres et non par nous. Cette erreur nous la commettons depuis des années.En 1982, nous nous sommes endormis sur nos lauriers, pensant que l'équipe nationale qui avait pris part avec brio au Mondial espagnol était partie pour durer des décennies.A l'époque, les clubs étaient sous la coupe de l'Etat dans le cadre de l'application du Code de l'EPS de 1977. Les moyens investis dans le football allaient dans une grande part dans la prise en charge des clubs et de leurs joueurs.La formation et la préparation de l'avenir n'entraient pas dans le schéma directeur du Code de l'EPS ou, du moins, de ses concepteurs.Cette équipe nationale des années 80 s'est, alors, éteinte comme une bougie et une très longue traversée du désert a été proposée à celles qui ont pris la suite.Il n'a jamais été décidé, durant tout ce temps, de donner un grand coup de pied dans la fourmilière pour inciter les clubs à se mettre à la formation sérieusement.D'année en année, on a débloqué d'énormes sommes d'argent pour monter des sélections de jeunes à partir du néant.Jusqu'à aujourd'hui cette pratique est de mise. Un seul club s'est démarqué de cette misère sportive, en l'occurrence le Paradou AC, dont les dirigeants ont eu le mérite de trouver un terrain du côté de Tessala El Merdja, où ils ont créé une académie de football.Dernièrement, à l'occasion de la signature du contrat de sponsoring avec la Faf, le patron du groupe agroalimentaire Benamor nous a appris que lui aussi a construit un centre de formation du côté de Guelma, une initiative à encourager même si elle n'est pas de la même dimension que celle du PAC.Paradoxalement, ce dernier ne reçoit aucune aide ni encouragement de la part de la Faf. L'été dernier, il avait même annulé un tournoi international faute d'arbitres délégués par la Ligue d'Alger.Il est heureux que, dernièrement, le ministre de la Jeunesse et des Sports, M. Mohamed Tahmi, ait rectifié le tir en rendant visite aux jeunes de cette académie à laquelle il a prodigué ses encouragements et a promis que l'Etat saura soutenir ce projet.De tous les autres clubs, il n'y en a qu'un seul qui parle réellement de formation et a débuté la construction d'un centre pour cela, à savoir l'USM Alger.Dans ce cas comment peut-on associer le football algérien à la réussite de l'équipe nationale senior ' Jamais l'Etat n'a mis autant d'argent dans la balance pour que ce sport se développe.L'aide qu'il va apporter au professionnalisme est un signe fort de cette volonté de soutenir cette discipline. Parallèlement à cela, la Faf croule sous l'argent.Une audacieuse opération de marketing, encouragée par les succès des Verts, a considérablement gonflé ses comptes en banque au point où elle ne touche plus aux 42 milliards de centimes que l'Etat lui octroie chaque année.Ce serait un très gros ratage si on venait à ne pas profiter d'une telle embellie pour mettre le football sur la voie du rendement sur le terrain.Après avoir laissé passer la chance du Code de l'EPS, on ne doit pas retomber dans des erreurs qui ont fait tant de mal à un sport capable de faire lever comme un seul homme tout un peuple.


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