Alger - Revue de Presse

Le football à l'Ouest : Grandeur et décadence



Oran et l'Ouest semblent avoir perdu tous leurs repères. Sinon, comment expliquer qu'en 2008, l'Ouest n'est plus représenté que par un seul club, le MCS en l'occurrence ? Encore plus, les clubs oranais et ceux de l'Ouest perdent au fil des années de leur crédibilité, eux qui, par tradition, ont enfanté de grands footballeurs, de grands dirigeants et de grands arbitres.

A titre d'exemple, nous citerons le regretté Miloud Hadefi (MCO) et Tahar Benferhat (JSMT) qui avaient constitué la charnière centrale de la sélection africaine à la mini-coupe du monde en 1972 et ont même reçu des offres de clubs brésiliens, sans pour autant oublier ceux des autres générations qui ont effectué de brillantes carrières professionnelles.

L'arbitrage algérien a été honoré par des chevaliers du sifflet de l'Ouest par les Benzellat, Daho, Mokhtari, Kaïd, Bendahmane, Bendjahène, Hansal, Sendid, Bounaga et Lacarne, qui sont fiers du parcours réalisé à présent par leurs successeurs, les Benouza, Haïmoudi et Djaballah, les trois meilleurs arbitres internationaux actuels. Pour ce qui est des dirigeants, Oran a eu la chance de compter sur des hommes aux qualités indéniables. A commencer par les Bessol (MCO), Benamar, Hadj Ghalem Lahouari, Mouffok Boumediène (LOFA), Hadj Hadefi, Kacem H'mida, Chaïla Lahouari, Mohamed Brahim, Mesli et Souleymane (WAT) et on en oublie certainement d'autres.

Pour ce qui est des présidents, nombreux sont qui ont marqué de leur empreinte leur passage, à l'image du docteur Hassani et de Hasnaoui avec lequel l'USMBA avait remporté la coupe d'Algérie en 1992. Berrahal Benaoumeur était à la tête du GCM, sacré champion d'Algérie en 1984. Bengaraâ Belkacem, tout récemment, a réussi à changer la philosophie de l'ASMO et voulait instaurer une gestion professionnelle. Aujourd'hui, les clubs d'Oran n'arrivent plus à retenir leurs joueurs et à rivaliser avec leurs homologues du Centre et de l'Est en matière de recrutement.

Le phénomène s'est étendu chez les autres formations de l'Ouest. Alors que dans un passé récent, ces mêmes clubs recrutaient de grands joueurs étrangers tel l'ex-international Marocain Filali, qui a porté les couleurs du CRT, le WAT comptait dans ses rangs les Verdier et Markovich, l'ESM les Gabrinovitch et Popov, le MCO avait comme entraîneur le Portugais Carlos Gomez avec lequel il a gagné son premier titre de champion d'Algérie en 1971. L'USMBA était redoutable avec les Tunisiens Henia, Kherrit et Lahmar. A présent, les données ont totalement changé avec la désertion des meilleurs éléments vers d'autres cieux.

En 2008, on compte plus de 40 joueurs de l'Ouest, dont plusieurs internationaux, évoluant ailleurs. N'étant pas considérés à leur juste valeur, ces joueurs ont préféré s'exiler et font ainsi les beaux jours d'autres équipes. C'est l'une des principales raisons au déclin qui atteint son paroxysme avec l'historique rétrogradation du MCO.

Le phénomène s'explique, en partie, par le déséquilibre en matière de sponsoring et de subventions qui limite le champ de manoeuvre des clubs de l'Oranie, dont les clubs n'arrivent plus à trouver des ressources de financement en raison du manque de crédibilité de certains dirigeants introduits par ces fameuses AG.

Le MCO est confronté à un problème de compte bloqué qui paralyse le club sans que personne ne réagisse, comme si la descente du club n'a pas suffi. Est-il concevable que le RCGO, l'USMO et de nombreux clubs, vantés par leur politique de formation de grands talents, n'ont pas bénéficié du don d'un car, alors que d'autres roulent sur l'or ? Est-il logique que les juniors de l'ASMO, vainqueurs de la dernière coupe d'Algérie, n'aient pas eu droit à une récompense ? Le football de l'Ouest a besoin de dirigeants compétents, crédibles, solvables et possédant leurs propres relations, ne serait-ce que pour conquérir les sponsors. Là, on revient donc au coeur du problème et à cette absolue nécessité de changer les mentalités. A ce rythme, le football de l'Ouest risque de disparaître totalement de l'élite en raison de tous ces paramètres et ceux qui se sont transformés en pilleurs de clubs devront savoir qu'il est grand temps de changer dans ce drôle de «métier». Car, il faudra faire la nuance entre servir et se servir. Heureusement, personne ne peut effacer l'histoire qu'ils ont ternie.


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