
Majoritaire dans les assemblées élues, le parti du Front de libération nationale (FLN) étale de plus en plus son malaise organique. Le climat qui a régné, hier, au niveau de l'hôtel El Aurassi, à Alger, à l'occasion de la 9e session de son comité central, atteste, si besoin est, que l'ancien parti unique se mord bien la queue ! Les scènes de violence enregistrées sur les lieux en sont incontestablement une parfaite illustration d'une formation politique partie en lambeaux. Et où les «divergences» ne sont pas arbitrées dans les instances du parti, mais plutôt par des voies contraires aux principes de l'exercice politique. Le parti tend ainsi à consommer son ancrage populaire hérité du FLN historique. Pour devenir, au fil des années et des décennies, un appareil politique juste utile pour approuver les mesures gouvernementales. Y compris quand il simule de revendiquer le poste de Premier ministre en sa qualité de première force politique du pays. Une revendication partisane qui n'a pas été exaucée même au lendemain de sa victoire écrasante aux élections législatives du printemps 2012, malgré un forcing médiatique mené par son secrétaire général, Amar Saâdani, par ailleurs contesté de l'intérieur du parti. C'est que le vieux parti, qui se confond avec les institutions de l'Etat, n'arrive plus à tisser sa cohésion et l'unité de ses rangs pour prétendre tenir le rôle qui sied naturellement à la première force politique du pays. Confiné alors dans le rôle d'instrument du pouvoir, le FLN ne voit pas, depuis un certain temps, plus loin que son intendance interne où s'expriment intérêts personnels et autres convoitises matérielles. Où les idées et les propositions ne sont plus à l'ordre du jour, les lieux étant investis par une génération d'affairistes formatés à l'art de l'allégeance. A ce titre, les listes du parti à l'occasion d'échéances électorales, se monnayent à coups de milliards, dans des transactions favorables aux milieux d'affaires et aux réseaux d'influence locale. Sans le moindre lien avec le parti, ni avec son parcours ! Sans l'ombre d'un doute, le FLN avait bel et bien amorcé une autre trajectoire. Il est ainsi passé du partisan de la politique de la réconciliation nationale, sous la direction de feu Abdelhamid Mehri, au rôle de champion des joutes électorales. Une posture qui ne donne pas cependant au parti une influence particulière, ni même une présence significative, au sein de la société, notamment quand cette dernière est traversée par des crises de diverses natures. C'est visiblement le cas de la wilaya de Ghardaïa, en proie à une violence épisodique depuis au moins une année, mais où le parti du FLN ne s'est pas mis à l'?uvre et contribué à rétablir l'ordre en appelant les populations locales à bannir tout dépassement et toute atteinte à l'ordre public. Ce qui n'est pas sans remettre en cause les performances électorales du parti, qui, bien que majoritairement représenté dans les assemblées, peine à peser sur le terrain. Préférant s'accrocher à de sordides batailles entre personnes et clans, le parti du FLN se lance décidément dans une guerre contre lui-même.A. Y.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amirouche Yazid
Source : www.latribune-online.com