Alger - A la une

Le FIS, à défaut Edito



Le FIS, à défaut                                    Edito
Le FIS est mort ' Vive le FIS ! C'est dans l'espace flou entre ces deux slogans que balance le fond du débat politique depuis plus de vingt ans. La volonté d'embrigader ce débat entre ces deux formules n'est pas née du génie politique de nos gouvernants, mais plutôt par défaut. Par défaut de construire une légitimité démocratique, par défaut de sortir de la confrontation avec l'islamisme armé avec une idéologie d'Etat laïque et moderniste, par défaut de s'ouvrir à la société et de s'affranchir des multiples oppressions. La persistance et l'entrisme de la pensée fondamentaliste, vingt ans après les défilés des «Afghans» à Alger, ne sont que le résultat de l'échec de l'Etat à se démocratiser. Aujourd'hui, même ceux qui avaient soutenu le putsch de janvier 1992 se rendent à la cynique évidence : les décideurs n'ont pas affronté les islamistes pour les beaux yeux de la République.
Ils voulaient juste préserver leurs intérêts à travers un combat douteux, où se mêlaient la décision de partir en guerre punitive contre les électeurs FIS et le maintien du système. A défaut de construire, avec la société, une idée du vivre-ensemble, reconnaître une Algérie multiculturelle et humainement riche, les gouvernants ont choisi de claquer bruyamment la porte dont ils pensaient ' à tort ' qu'elle les séparait du torrent de sang des années 1990, pour tenter d'instaurer une Algérie fictionnelle, faussement surbudgétisée, profitant d'une fausse paix civile, branchée sur les fetwas superstitieuses qui ridiculisent même l'islam. Ce n'était pas à une décision de justice de dissoudre le FIS, mais plutôt à une volonté politique et populaire d'aller vers l'Etat algérien tel qu'il a été préfiguré dans la Déclaration du 1er Novembre. A défaut, le FIS est là, ses petits-enfants aussi, partout. Et pour longtemps encore. n
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)