
A près plusieurs mois de suspension forcée imposée par des contraintes financières, le réalisateur du biopic sur le héros de la guerre de Libération nationale, Larbi Ben M'hidi, a renoué avec le tournage.Bachir Derraïs a posé ses caméras et déployé son jeune et dynamique staff dans les villages Ighvane et Timliwine, à Ifri, à 70 km de Béjaïa, où il tourne l'avant-dernière séquence de son film sur l'un des artisans du Congrès de la Soummam. Depuis jeudi, cette paisible région de la Wilaya III historique, qui a abrité l'un des événements majeurs de la guerre de Libération un certain 20 août 1956, connaît un mouvement inhabituel. La population locale, connue pour son engagement inconditionnel lors de la guerre de Libération nationale et le Congrès de la Soummam, a affiché un soutien total au projet, aidant de tout ce qu'elle peut pour le mener à bon port, a-t-on constaté sur les lieux.En présence du ministre de la Culture, Azeddine Mihoubi, qui est arrivé sur place, vendredi, après une attente de plusieurs heures pour apporter son soutien au réalisateur, ce dernier a, d'ailleurs, tenu à rendre un hommage à la population d'Ouzellaguène : «Si j'ai tenu à filmer à Ifri, c'est pour un besoin de fidélité et d'authenticité. Mais à travers cela, je rends aussi hommage à la population de la région qui se donne à fond pour nous aider à réussir le film.Les gens d'ici se sont énormément sacrifiés pour la cause nationale, la liberté et la démocratie. Lors du Congrès de la Soummam, 3000 hommes étaient postés ici au nez et à la barbe de l'armée coloniale, et ce n'est qu'après deux ans que la France a pris connaissance de la tenue de cet événement historique et bombardé les villages en guise de représailles. C'est dire tout le dévouement et la résistance des gens de la région». Le soutien s'est matérialisé, également, en sommes sonnantes et trébuchantes, puisque des industriels de la région tels que Général Emballage, Ramdy, la Laiterie Soummam ou encore Cevital ont sponsorisé et aidé financièrement le film.Après M'Hidi, MatoubUne aide bienvenue tant elle est pour atténuer des carences budgétaires considérables manquant au budget initial du film estimé à 100 milliards de centimes. L'Etat y participe avec un apport de 70% et le reste est à dénicher ailleurs, selon le réalisateur. D'où les nombreuses trêves ayant émaillé l'évolution du tournage. D'autant que le réalisateur s'impose le principe de produire un film à la hauteur du personnage. «C'est un film qui coûte cher, il retrace 30 ans d'histoire, qui débute à l'enfance du héros. Nous filmons dans 9 wilayas et à l'étranger et nous sommes allés à la rencontre de la famille et des gens qui ont connu Larbi Ben M'hidi. Dans un film comme ça, nous n'avons pas le droit à l'erreur.Quand je n'ai plus de moyens, je préfère arrêter et reprendre lorsque ceux-ci sont disponibles. Ceci dit, ce film appartient à tous les Algériens, et je trouve honteux qu'il ne puisse pas avoir tous les moyens appropriés», confie le réalisateur qui dénonce, au passage, certaines personnes malintentionnées qui ont bloqué le film et qui veulent «régler des comptes». Bachir Derraïs dit vouloir réaliser ce film pour «remettre les choses à l'endroit», concernant le combat et les idéaux portés par les héros de la guerre de Libération qui, malgré le contexte de l'époque, ont proposé un projet de société inexistant aujourd'hui.A 85% du taux d'avancement, le film sera fin prêt en décembre, informe Derraïs. La dernière séquence sera filmée à La Casbah pour retracer la bataille d'Alger. Juste après, un autre projet attend le réalisateur. Il s'attellera à la vie du chanteur kabyle assassiné en 1998, Matoub Lounès. Pour cela, il indiquera que plusieurs propositions de financement lui ont été faites à l'étranger mais qu'il compte, d'abord, sur l'adhésion des Algériens pour réaliser cet autre projet d'envergure.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohand Hamed Khodja
Source : www.elwatan.com