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Le FFS face aux luttes de fractions



Le siège du FFS à AlgerLa vacance qui frappe l'instance présidentielle ne date pas d'aujourd'hui, elle remonte à des mois.
Le Front des forces socialistes (FFS), traverse une période des plus sombres de sa vie partisane depuis le décès de son chef charismatique, feu Hocine Ait Ahmed.
Cette situation, qui s'exprime en apparence comme un blocage qui renvoie à une espèce d'imbroglio sur le plan organique et statutaire, est en fait, l'expression d'une crise d'ordre politique relevant de conceptions et d'appréhensions somme toute antagoniques à l'intérieur de l'instance présidentielle et par ricochet touchant le parti et ses structures, que ce soit verticales ou horizontales.
L'inattendue démission de Ali Laskri de l'instance présidentielle ne cesse d'enclencher des décantations à la fois politiques et organiques au sein du FFS. La dernière des évolutions, c'est la tenue de la réunion du conseil national de cette formation politique pour trouver une solution à l'impasse provoquée par le retrait de Laskri de cette structure importante sans citer les raisons politiques qui ont présidé à cette décision imprévisible, du moins pour les cadres et responsables de ce vieux parti d'opposition en Algérie.
Les statuts régissant le parti et ses organes font référence à un vide organique dans la mesure où l'instance présidentielle est dépouillée de sa majorité qui la constitue statutairement. La situation comme elle est décrite par «conformément à l'article 48 des statuts qui annonce que si le nombre des membres de l'IP est réduit à moins de (03), un congrès extraordinaire est convoqué pour élire une nouvelle instance présidentielle». C'est cet article qui a animé le retrait de Ali Laskri de cette instance en exigeant de facto et d'une manière systématique l'organisation d'un congrès extraordinaire sur le plan statutaire.
Ce qui soulève la question quant au choix de Ali Laskri d'annoncer sa démission et son retrait de l'instance présidentielle il y a de cela une semaine uniquement.
Ledit article s'est transformé en une sorte d'urbi orbi, mais non pas comme une bénédiction catéchiste, bien au contraire, une sorte de malédiction qui vient de s'abattre sur les organes du parti en termes d'impasse. Le présidium est consacré comme un instrument déterminé par le nombre qui le constitue, ce qui fait que si un manque qui avoisine deux membres de ce présidium, ce dernier sera frappé d'inefficacité et d'inutilité sur le plan, à la fois statutaire et effectif, en matière de gestion de la machine du parti et de toutes ses structures. Toute la malédiction est là: quand une structure aussi importante décidant des grandes lignes politiques, idéologiques et doctrinales du parti est tributaire d'un nombre de membres pour assurer sa fonction et sa pérennité en tant que levier et appareil à qui échoit le pouvoir de décision en son sein.
Certains avertis de la chose politique analysent la crise que traverse le FFS en dehors de cette approche relevant de l'arithmétique, ils abordent la question comme étant une crise qui remonte à la période où feu Hocine Ait Ahmed prenait les commandes de ce vieux parti de l'opposition en le dotant d'une empreinte où l'on sentait sa touche et sa démarche. Cette omniprésence du chef historique au sein des structures du FFS ont fait cacher le côté qui a trait au fonctionnement interne et organique du parti. Le décès du père fondateur du FFS a très vite révélé que l'appareil du parti n'était autre que le prolongement d'un poids politique qui n'est pas des moindres, à savoir celui de feu Hocine Ait Ahmed.
Au-delà des noms qui constituent l'instance présidentielle du parti, la défectuosité dont souffre ce présidium est surtout de nature politique, dans la mesure où cette tradition a été intégrée par le fondateur en chef du FFS qui savait que la maladie commençait à avoir raison sur ses capacités de gérer et d'orienter les structures et la ligne du parti.
Donc, l'instance présidentielle se voulait comme un prolongement d'une situation majeure au sein du parti du FFS où le rôle de son leader commençait à s'affaiblir pour des raisons objectives.
Mais il y a aussi une situation qui a aidé à l'émergence de cette nouvelle réalité au sein du FFS, c'est le manque de charisme et de leadership en termes de relève après le décès de Ait Ahmed.
Les cadres n'ont pas été préparés pour cette situation de voir le parti dépouillé de sa sève nourricière à l'image de Ait Ahmed. Les retombées se font ressentir aujourd'hui, à telle enseigne que depuis la disparition du leader les démissions se faisaient suivre en quantité et en qualité.
Aussi, la question de l'instance présidentielle et ce que cela pourrait engendrer comme conséquences en ce qui concerne son rétrécissement en matière de nombre n'est qu'un alibi. La vraie question est ailleurs, elle est au niveau de la composition de cet appareil depuis 2013. Un appareil constitué d'un présidium ou d'un directoire hétérogène reflétant une démarche faite de compromis au sein du parti, étant donné que celui-ci est animé par des luttes de fractions. Ces luttes de fractions se font dans l'opacité totale.
D'ailleurs, elles sont apparentes quand on constate que les membres qui se maintiennent et qui ne veulent pas se retirer de l'instance présidentielle sont ceux qui opposent un niet clair à Ali Laskri quant à l'organisation d'un congrès extraordinaire, à savoir de Mohand Amokrane Cherifi, Aziz Baloul et Saïda Ichalamen. C'est dire que l'impasse dépasse de loin cet aspect de nombre, elle est d'ordre politique et de choix qui expriment des divergences quant à la lecture politique et à la stratégie dont le FFS doit faire l'objet en cette période connue pour son importance avec l'approche de la présidentielle comme événement majeur.
Le consensus pour lequel se bat le FFS comme proposition idoine à ce qu'il considère comme crise qui mine le pays, semble tâtonne en son sein et il n'arrive pas à trouver son issue salvatrice. Le FFS est face à une réalité nouvelle, soit il revoit d'emblée sa conception organique et structurelle soit il disparaîtra à cause de ses démissions et ses luttes de fractions qui le minent depuis la disparition de son leader charismatique, feu Hocine Ait Ahmed.
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