Alger - A la une

LE FEUILLETON DES LECTEURS



Par Mohamed-Seddik LAMARA
La plupart des pays considérés alors, comme émergents furent réduits à leur plus simple expression en raison de la faillite du commerce mondial.
Quant aux pays affublés de l'expression dévalorisante «en voie de développement», leur sort était on ne peut plus prévisible puisqu'ils se sont, fatalement, immergés dans les abysses de la déliquescence alimentée par la mal gouvernance, le népotisme, la culture rentière et la corruption généralisée. La mondialisation et la globalisation aidant, les gouvernants de ces pays désertés par leurs élites, jouaient le rôle de «khames» (métayers) de leurs richesses et ressources naturelles propres. Ils ne pouvaient faire autrement. Démunis de cadres compétents, de technologie et de savoir-faire, ils n'avaient d'autre alternative que d'acquiescer, sans sourciller, au bon vouloir des puissants, ne daignant leur accorder que le cinquième des revenus tirés de l'exploitation de ces mêmes richesses et ressources. Un cinquième suffisant à peine à assurer la pitance d'une population exsangue. L'Afrique, contrairement aux autres continents, demeurait un important réservoir de matières premières et d'espaces vierges d'avantage valorisés par le dépérissement de larges pans de populations indigènes et autochtones décimées par les maladies et la famine. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, l'Algérie a, tant bien que mal, résisté aux aléas de la mondialisation et a, même, affiché une bonne santé économique grâce à la découverte et à l'exploitation d'immenses gisements de pétrole, de gaz, d'or et autres métaux précieux et rares. Seul point noir au tableau : à l'annonce de la mise en œuvre du dessein revanchard des Américains, les populations du Sahel et du Tell ont, massivement, reflué en direction de l'arrière- pays. Les échos parvenus de l'Iran, de l'Afghanistan, de la Syrie, du Liban et de la Libye , pratiquement rayés de la carte, ont poussé des dizaines de millions d'Algériens à déserter le confort du littoral pour avoir la vie sauve aux confins du désert. Un scénario des plus alléchants pour les convoitises néocolonialistes américaines : pas un seul coup de feu tiré, pas un seul soldat tué ou blessé, un territoire utile avec une infrastructure moderne et préservée. Un tableau de chasse d'autant plus inespéré que les envahisseurs avaient trouvé sur place quelques milliers «de béni oui-oui» favorables à leur intervention. «Béni wah wah» dont la plupart sont de descendances nourries aux atavismes de forbans toujours empressés à adhérer aux compromissions les plus abjectes. Aplat-ventristes zélés et «girouettistes» bien rodés, ils ont, de tout temps, bien appris à se mettre dans la direction du vent dominant. Comme hier pour la France coloniale ou avec les nébuleuses terroristes, ils ont su troquer le kat contre le costume européen et ce dernier contre le kamis. Avec les Américains, ils se sont, aussitôt, convertis au chewing-gum, au jean et à la casquette ostentatoirement frappée de la bannière étoilée. Leurs noms en disent long sur leur exécrable origine et, surtout, sur l'art consommé de manier l'imposture à l'exemple de «Melh-Kim» fruit d'une coupable union entre une «adaïssia» (béni adas : gitans du Maghreb) de la fraction dépravée des «mélahine» et d'un légionnaire d'origine asiatique, de «chameau-planton» appartenant à une lignée de chaouch (portiers) obséquieux ayant marqué toutes les époques comprises entre le règne ottoman et l'occupation américaine ou encore de «camelote», personnage proche du rat d'égout et dont le sobriquet lui fut décerné en raison de sa propension à toucher à tout, surtout à fouiller dans les dépotoirs, à servir de faire valoir, de prête-noms bref, de commis aux basses et viles besognes, uniquement obnubilé par les dividendes à tirer des transactions les plus avilissantes. L'administration conquérante a, d'emblée, et avec le concours d'analystes rompus à l'appréciation des opportunités territoriales, exclu de s'installer à Alger, la capitale (dénommée, désormais, Busch City), pour jeter son dévolu sur la ville côtière de Boumerdès. Appliquant avec un zèle inégalé son programme de débaptisation, elle a transcrit l'ancienne dénomination coloniale française «Rocher-Noir» dans la langue anglo-américaine. Ainsi, Boumerdès agrémenté d'un jeu de mots est devenu «Black rock city sur Mer des Boues» (BRC, pour les snobs). «Mer des Boues» est une vicieuse décomposition du nom Boumerdès, avec un «e» dont on a oté l'accent grave pour en donner, une fois recomposé, une lecture des plus triviales. Ce n'est pas la seule humiliation. Les yankees, instruits de la disponibilité des personnes opportunistes suscitées, mirent celles-ci aussitôt au service de leurs desseins humiliants : apprivoiser les populations locales, en les dépouillant de toute velléité de rébellion et ainsi, les placer, sans heurts, dans leur giron. Melh-Kim, Chameau-Planton et Camelote ont, après examen de leur état de services par le super chérif de BRC All Ciridebov, été aussitôt engagés dans l'entreprise «Hef- Lef» spécialisée dans la gestion des logements abandonnés par leurs occupants ayant pris l'exode vers le pays profond.


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