Alger - A la une

Le feu, l'avancée du désert et les agressions humaines menacent les forêts algériennes



Le feu, l'avancée du désert et les agressions humaines menacent les forêts algériennes
3.874 atteintes aux espaces forestiers ont été recensées en 2011. La loi portant régime général des forêts, en cours d'amendement, durcira les sanctions, a annoncé le directeur général des Forêts, Mohamed Seghir Noual. Cependant, a-t-il ajouté, la répression ne suffit pas, et il est nécessaire d'opter pour une « politique de renouveau rural » qui permet de créer annuellement 140.000 emplois directs « tout en mettant l'homme au centre des actions de protection » des forêts.
Le mince espace forestier en Algérie, estimé à 4.7 millions d'hectares (3% de la superficie totale du pays), ne cesse de subir les attaques de l'homme. En 2011, la direction générale des Forêts (DGF) a recensé 3.874 atteintes aux espaces forestiers. Il s'agit, entre autres délits, de constructions, de coupes illicites d'arbres, de défrichement et autres braconnage et carbonisation.
La DGF, dotée des attributions de puissance publique et qui compte dans ses rangs plus de 200 officiers de la police judicaire, a infligé aux contrevents des amendes d'un montant total de l'ordre de 1,32 milliard de dinars.
Les sanctions seront plus sévères dans la future loi portant régime général des forêts, a annoncé aujourd'hui le directeur général des Forêts, Mohamed Seghir Noual, pour qui, toutefois, ce durcissement n'est pas l'unique solution pour protéger les espaces forestiers des agressions humaines. « La police forestière ne peut pas régler le problème avec des populations qui sont toujours là », a-t-il déclaré sur les ondes de la Radio chaîne III. Elle peut d'autant moins le régler que 40% de la population algérienne vit dans les zones rurales, a-t-il souligné, défendant comme solution la « politique de renouveau rural » qui « met l'homme au centre des actions » de protection de ces espaces.
Le plan de renouveau local, doté de 60 milliards de dinars annuellement, a permis le lancement de 5.000 projets au profit des populations sur un portefeuille comprenant 12.500 projets de proximité de développement rural intégré à réaliser d'ici 2014. Selon Mohamed Seghir Noual, la politique de renouveau rural permet de créer annuellement 140.000 emplois directs. L'objectif, sur 5 ans (2010/2014), est d'en créer 700.000. Cela en plus des actifs d'élevage et des vergers qui génèrent des emplois permanents et saisonniers.
Les forêts de chêne-liège vieillissent
Parlant des extensions des villes au détriment des forêts, le directeur général des Forêts a indiqué à la Radio chaîne III que les décisions pour régler ce genre de problème sont prises au niveau du Conseil des ministres. Les extensions en question concernent des villes telles que Bejaïa, « étouffée » par les forêts selon ses termes.
L'espace forestier de Bouchaoui (Alger) n'a pas été touché par ce phénomène, a assuré Mohamed Seghir Noual, précisant que les cités de cette localité « ont été construites sur le domaine privé de l'Etat et non pas sur le domaine forestier national. » Il a ajouté que dans les régions rurales, il existe des procédures d'affectation qui permettent aux riverains de disposer des terrains non boisés pour y pratiquer l'élevage ou l'arboriculture. L'opération, réglementée par décret, se fait avec un acte de concession et autorisation d'usage qui peut aller jusqu'à 40 ans et qui peut être transmise aux héritiers des bénéficiaires.
L'invité de la Radio chaîne III a indiqué, par ailleurs que l'Algérie exporte, en dehors de la contrebande, environs 45.000 quintaux de liège par an sur une production totale de 60.000 quintaux. La baisse de la production, a-t-il dit, est due essentiellement au vieillissement des subéraies (forêts de chêne-liège) qui couvrent actuellement une surface de 240.000 hectares.
Les espaces forestiers algériens sont confrontés à une double menace, les feux et l'avancée du désert, a, enfin, souligné Mohamed Seghir Noual. Pour y faire face, la DGF, a-t-il rappelé, dispose d'un réseau de communications qui couvre l'ensemble du nord du pays, de 403 brigades d'intervention, de 416 postes de vigilance et de 2.500 points d'eau.
Tweet
Partager


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)