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Le feu et la fête Point Net



«Il n'y a pas de fumée sans feu», c'est connu et entretenu, puisque des occasions pour le vérifier, ce n'est pas vraiment ce qui manque. Mais cette fois, on a été plus vite que la fumée pour annoncer le feu... à la Grande-Poste.
On attendait François Hollande sur le front de mer, le feu est venu des sous-sols d'Asselah-Hocine, avant de parvenir aux étages supérieurs. Là où la fumée et accessoirement le feu sont plus visibles.
C'est connu aussi, la Grande-Poste, c'est surtout son côté haut que son côté bas. Cela donne des perspectives sur la rue Didouche ou la rue Ben M'hidi, et depuis quelque temps maintenant la station de métro du c'ur d'Alger. Et si les incendies partent d'en bas, c'est en haut qu'ils se remarquent.
En plus, cette fois, on n'a même pas parlé d'incendie. Il a d'abord été question de réseau internet qu'on aurait volontairement coupé pour censurer les infos et les commentaires malveillants en temps réel sur ce qui se passe sur le parcours du président français et sa périphérie. Ce n'est apparemment pas vrai. Mais comme c'est vraisemblable, on y a cru.
Il a été question aussi de téléphone tout aussi volontairement brouillé et pour les mêmes raisons. Il ne peut pas y avoir d'internet sans téléphone mais comme il peut y avoir le téléphone sans internet, on peut parler des deux, séparément. Puis il y a eu la fumée. Elle est sortie sans les flammes mais on sait qu'il y a le feu. On le savait avant de voir la fumée. Personne n'a parlé de câbles brûlés mais on sait que les câbles donnent du feu sans flammes.
Ce n'est pas la première fois qu'il y a un incendie dans ces zones-là. Des zones qui devraient être rigoureusement sécurisées mais ça a encore brûlé. Que François Hollande soit attendu face à la mer n'y est peut-être pour rien, mais il fallait bien que ça fasse partie de la «fête». Une conclusion gâchée parce que l'info a été quand même donnée en temps réel.
On ne peut décidément plus rien cacher, y compris quand on... ne veut pas spécialement cacher quelque chose ! Mais quand il y a des choses vraisemblables à croire, il n'y aucune raison de se satisfaire de... la vérité.
Le ministre de la Poste et des TIC a bien dit que l'incendie est d'origine «accidentelle», que «la cause de l'incendie est un court-circuit» et que «seuls les câbles et les fibres optiques ont été endommagés», on ne pouvait tout de même pas agrémenter la fête avec si peu ! C'est qu'en la matière, on n'a pas dû manquer de mensonges par le passé.
De demi-vérités non plus ! Et le «contexte» étant... favorable, il devenait difficile à M. Benhamadi de convaincre qu'il s'agissait d'un accident, qu'il n'y a pas eu de victime, que seuls les câbles et la fibre optiques ont brûlé et que seule «la gaine montante» donne l'impression que la Grande-Poste a brûlé. En matière de communication, ça n'a pas toujours été le bonheur et tout le monde le sait.
Dans le cas précis, il aurait peut-être fallu éviter d'être aussi sûr qu'il s'agit d'un accident et annoncer dans la foulée que «la police scientifique est en train de faire son travail».
Mais ce qu'il ne fallait surtout pas faire, c'est cette promesse de tout rétablir dans les deux jours qui suivaient l'incident ! Les Algériens n'ont pas l'habitude des pannes vite réparées, ils ne peuvent pas croire ce qui vient avec ! Et pour boucler la boucle, cette fâcheuse propension à annoncer des projets dans la foulée des... catastrophes ! Il paraît qu'on va décentraliser les équipements en installant une nouvelle plate-forme à haute technologie. Il fallait le dire avant, la fête, c'est la fête !
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