
L'exercice footballistique tire à sa fin. Même si le nom du champion est déjà connu, la tension monte de plusieurs crans en haut comme en bas du tableau. Les équipes qui jouent une place au podium, qualificative pour les joutes continentales, comme celles qui se battent pour leur maintien en Ligue 1, se livrent une guerre sans merci. Les présidents de club et les techniciens font feu de tout bois, au grand mépris de l'éthique et de la déontologie sportive. Les échanges, par presse et médias interposés, rivalisent de vulgarité et d'animosité. À chaque journée qui passe, des propos malveillants viennent rajouter une couche au climat suspicieux, savamment entretenu depuis le début de saison. À l'issue de la 27e journée, le président de la JS Kabylie a publiquement douté de la régularité de la victoire de l'ES Sétif, en déplacement chez son voisin, le CABBA. Les Canaris, qui disputent la deuxième place aux Aigles Noirs, se voient sérieusement distancé, juste après avoir perdu la finale de la Coupe d'Algérie face au MC Alger. La réaction, pareillement virulente, du boss sétifien ne se fait pas attendre. Pour le compte de la même journée, le MCA, loyalement accroché à domicile par la jeune formation du MO Béjaïa, n'arrive pas à digérer son faux pas. Le coach des vert et rouge, Fouad Bouali, accuse gratuitement l'arbitre d'avoir faussé la rencontre. Précédemment, d'autres entraîneurs comme Boualem Charef (USMH) et Abdelaziz Abbas (CRBAF) ont investi le terrain, incitant leurs joueurs à quitter le tapis vert pour, soi-disant, dénoncer des décisions arbitrales. Une attitude antisportive qui provoque une suspension temporaire de la partie et se solde par l'envenimement des débats. Dans le même ordre d'idées, le premier responsable de l'US Chaouia, une équipe de Ligue2, a fait de fracassantes révélations sur la corruption dans les milieux du football algérien. Abdelmadjid Yahi, au cours d'une émission de télévision, donne même les tarifs exigés par les «vendeurs de matchs», selon leur enjeu et leur importance. Sommé par la Ligue professionnelle de motiver ses accusations, le concerné, qui ne dispose vraisemblablement d'aucune preuve tangible, se fende en excuses pour échapper de justesse à une lourde sanction. Au sein d'un même club, les rivalités entre les responsables frisent aussi le ridicule.Les misères que s'infligent publiquement le président du MCA, Boudjemaâ Boumella, et son manager général, Kamel Kaci-Saïd, sont dignes d'une vidéo gag. L'image du doyen et celle du football algérien avec ont été traînés dans la gadoue. On pourrait dire autant du fair-play financier et de la transparence des transactions. Quatre ans après l'instauration du professionnalisme, on continue encore à servir de l'argent douteux et à faire dans l'évasion fiscale. Les instances footballistique (FAF et LFP) restent souvent de marbre face à ses dépassements. Force est de constater qu'en matière d'éthique sportive,les dirigeants et les techniciens de différentes formations sont très loin du professionnalisme. Leurs déclarations enflammées dans les médias et leurs errements en matière de management sont, très souvent, pour beaucoup dans le recul du niveau sportif de leurs équipes, le mécontentement de leurs fans et la vive tension qui caractérisent les rapports à tous les niveaux. Dans ce domaine de la déontologie sportive, la FAF et la LFP ont beaucoup de choses à faire pour moraliser la discipline. Un code d'éthique strict devrait être impérativement mis en place pour sanctionner les déclarations incendiaires et les actes flagrants de mauvaise gestion. Incontestablement, une telle initiative est de nature à réduire sensiblement la violence et à offrir au football algérien les bases saines nécessaire à son épanouissement.K. A.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K Amghar
Source : www.latribune-online.com