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Le fabuleux combat de la presse algérienne durant l'occupation



Le fabuleux combat de la presse algérienne durant l'occupation
Malgré toutes les contraintes imposées par l'administration coloniale, des hommes se sont sacrifiés pour défendre et préserver leur identité et leur culture.L'histoire retiendra que des élites algériennes ont mené un combat à armes inégales pour contrer l'action propagandiste des autorités française durant l'époque coloniale. Une campagne qui visait ni plus ni moins que la destruction pure et simple de l'identité algérienne pendant 130 ans d'occupation.Dans une intervention intéressante, présentée hier lors du colloque international sur les Elites algériennes et le mouvement réformiste organisé à l'université Emir Abdelkader, le Dr Ahmed Abdelli, enseignant au département de communication à la même université, a remonté le temps jusqu'au début de la colonisation française pour dresser un panorama sur l'évolution de la presse algérienne et le développement des idées nationalistes à travers les différentes publications jusqu'en 1962.«Il faut dire que cela n'a pas été une mince affaire à cause des contraintes administratives, car la loi sur la liberté de la presse instituée en France en 1881, et qui autorise la publication et la diffusion de tout journal ou périodique sans une autorisation préalable ni caution financière, n'a guère profité aux Algériens. Ces derniers ont dù attendre la promulgation du code de l'indigénat en 1914 pour pouvoir jouir de ce droit», notera Ahmed Abdelli.Dans son intervention, ce dernier notera que l'activité journalistique en Algérie a connu ses débuts en 1874 avec l'apparition de la presse coloniale. Elle sera suivie par une presse dite pro-indigène, lancée par des Français qui soutenaient certaines revendications des Algériens. L'on citera entre autres L'élu paru en 1852 et La Tribune des indigènes.Ce n'est qu'en 1903 qu'on verra la naissance de la presse nationaliste algérienne, avec les pionniers du mouvement réformiste, qui précédera la parution des journaux des partis politiques à l'instar du PPA-MTLD et du parti communiste algérien. Des initiatives personnelles financées par des fonds propres ont permis l'émergence d'une presse dirigée par des intellectuels à l'image d'El Zahiri, Omar Racim à Alger et Abu El Yaqadhan au M'zab, qui a lancé à lui seul huit journaux en l'espace de deux ans et quelques mois.Une résistance malgré les difficultés«Tous les journaux ont connu d'énormes difficultés pour survivre, faute d'abord de sources de financement et des difficultés de trouver des imprimeries, mais aussi en raison des mesures répressives appliquées par l'administration française qui redoutait énormément l'effet de ces publications dans l'éveil de la conscience collective», dira Ahmed Abdelli.Malgré tout, cette presse était tellement obstinée qu'à peine un journal disparait, qu'un autre naitra. C'est dire la résistance que des hommes ont mené pour défendre leurs idées nationalistes, en dépit de tout. Et pour preuve, plus de 150 journaux et périodiques algériens, dont certains à caractère régional, ont vu le jour durant l'époque coloniale.La période située entre 1931 et 1939 demeure la plus féconde. En 1930, 184 000 exemplaires de journaux étaient publiés chaque mois. «Il faut dire aussi que malgré le contexte de l'époque, cette presse se distinguait par un contenu d'un niveau élevé dans le traitement de divers sujets et thèmes, notamment ceux liés à la littérature, l'histoire, la religion et même les sciences», précise le conférencier. Certains journaux étaient même très virulents à l'égard de l'administration coloniale, à l'image de L'Algérie Libre, saisi dès son premier numéro le 18/12/1949.L'avènement de la lutte armée en novembre 1954 marquera une nouvelle ère dans l'histoire de la presse algérienne, qui deviendra le porte-parole du FLN à partir du 20/10/1955 avec la parution de La résistance algérienne. Une amorce pour la création d'une presse même dans certaines wilayas, comme la région des Aures qui avait son propre journal en français intitulé El Watan, alors que la wilaya III avait vu la création de La montagne.En 1956, les responsables du FLN décideront de mettre en place un seul organe officiel. Ce sera le journal El Moudjahid qui avait pour premier responsable de la rédaction Abane Ramdane, avant d'être rattaché au ministère de la communication du GPRA, dirigé à l'époque par M'hamed Yazid. La belle époque prendra fin en 1962. Après l'indépendance, ce sera une autre histoire.


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