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Le doyen des journalistes s'en va en silence



Le doyen des journalistes s'en va en silence
Une grande plume, un grand nom, une figure emblématique de la presse nationale et locale, nous quitte à jamais, s'agissant là de Abdelkrim Chaoui après 50 ans de travail dans la presse. Né à Chlef en 1938, le défunt est le cinquième d'une fratrie de huit enfants. Il commence ses études à l'école coranique de la mosquée Sidi Miloud avant d'être inscrit à l'école communale française. À l'image de la plupart des jeunes de l'époque de la ville d'El-Asnam, il intégra le scoutisme et c'est dans cet environnement que va se forger sa prise de conscience politique.Il quitte l'école pour se lancer dans le militantisme à l'âge 16 ans. En même temps, il apprend le métier de la coiffure. Septembre 54 va accélérer sa prise de conscience politique qui le mène dans l'action déterminante. Une de ses innombrables actions militantes fut de subtiliser une arme posée sur le siège d'une jeep stationnée devant un bar. Pendant la guerre de Libération nationale, il fut arrêté et interné aux camps de Paul Cazelles puis plus tard au camp de Lodi. À l'indépendance, on lui proposa d'intégrer le journal Alger Républicain qui venait d'être créé sous la houlette d'Abdelhamid Benzine et de Henri Alleg. En plus de la rédaction d'articles, Abdelkrim au contact de journalistes aguerris, devient le maquettiste du quotidien et perfectionne sa formation en France et en Allemagne. Arrêté en 1965, pour son opposition au coup d'Etat, il demeura emprisonné pendant près de trois années environ. En 1970, Alger Républicain fut interdit. Chaoui se spécialisa dans le matériel d'imprimerie aux galeries algériennes de Belcourt. À la réapparition du journal en 1989, il reprit sa place à Alger Républicain jusqu'à la disparition de ce titre. Il échappa miraculeusement à un attentat durant la décennie noire. Il continua à collaborer à d'autres journaux. Il fut terriblement affecté par la mort tragique de sa femme et termina sa vie en solitaire. Ni les autorités ni la presse locale ne lui ont rendu hommage. Celui qui sublimait sa patrie a été enterré dans l'indifférence totale au cimetière de Sidi Ameur samedi 9 mai 2015 à Chlef.


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