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Le discours sado-maso sur l'économie algérienne sevrée de perspectives



Le discours sado-maso sur l'économie algérienne sevrée de perspectives
Il traîne comme une ambiance de joie, de jubilation même, sur la chute du prix du brut. Et sur les conséquences estimées, pour ne pas dire appréciées, qui augurent de quelque chaos en Algérie. Beaucoup de personnes, des ressortissants algériens au premier chef, expriment une volonté manifeste que le pétrole descende jusqu'à des taux catastrophiques. Mis à part le Maroc, sa classe dirigeante plutôt, qui rêve depuis toujours de la déconfiture du régime algérien, tous les pays arabes, y compris ceux de la péninsule pétrolière, ne trouvent aucun inconvénient que les finances algériennes se portent bien. Plusieurs le souhaitent pour trouver des perspectives de marché ou pour qu'Alger prête main forte à des investissements coûteux ou agrée à des emprunts. De même pour les pays africains, qui désirent varier leur façon de traiter leurs matières premières et leurs petites manufactures. La question ne se posepas pour les opinions de l'autre côté de la mer, vers le Nord et l'Asie. Tous les Etats, entreprises et institutions, ont énormément à perdre en cas de situation alarmante du Trésor public algérien.Mais c'est de nos «experts» qu'il s'agit.Des universitaires rompus aux analyses «macro et microéconomiques» et financières. Qui donnent leurs voix aux médias et leurs opinions unanimes, les uns après les autres, en nous expliquant, dans le jargon compliqué -on ne dit pas complexe, parce que ce mot infère à la démarche de la rationalité mentale de l'étude- que nous n'allons pas tarder à bouffer nos réserves de change, et sous très peu nous irons vers la situation comparable à celle du milieu des années quatre-vingt. C'est-à-dire la situation de non-paiement. Ou dans le langage populaire, autour d'un plat de couscous, qu'il va se passer comme dans une famille qui hérite de la fortune et que, ses membres ne sachant rien faire de leur tête ni de leurs mains, elle va se mettre à consommer son héritage. Sans prévoir les moyens de créer des conditions pour le renouvellement de ce legs.Les générations les plus vieilles, qui avaient aussi à budgétiser pour faire vivre leurs familles, n'étaient pas plus ou moins loties au lendemain de l'effondrement des prix du pétrole en 1985, lorsque les revenus nationaux étaient ridicules par rapport aux revenus servant au remboursement de la dette, qui était faramineuse à cette époque et les réserves de change quasiment nulles. Les citoyens ne mouraient pas de faim, les travailleurs étaient régulièrement payés et nos représentants diplomatiques à l'étranger n'étaient pas rappelés au bercail pour que l'Etat économisât des dépenses en devises.Comment donc ne pas compter que sur le brut Le socialisme était encore la formule contractuelle entre l'Etat et les citoyens, mais il y avait surtout des cadres qui ne parlaient pas économie et finance pour faire de la sensation ou bluffer leurs contemporains. Ils étaient silencieux dans les institutions mais qui veillaient jusqu'à très tard dans la nuit pour proposer des solutions de rechange à la crise. Leurs noms n'étaient pas cités, on les appelait par leurs patronymes dans les cabinets et les communications qu'ils daignaient faire étaient les rapports d'analyse qu'ils remettaient aux responsables hiérarchiques - la presse en ces temps-là appartenait exclusivement à l'institution communicationnelle de la fonction publique. Mais leurs avis étaient pris en compte parce qu'ils appelaient les détails des problèmes par leur nom. Et l'Algérie malgré la tragédie sanglante des années 90 n'a pas rendu l'âme.Aujourd'hui, la majeure partie des intellectuels algériens en relation avec la chose économique et financière éprouve du plaisir à verser dans le discours de la panique. Et il semble que les «experts» le font dans le style du triomphe sur la classe dirigeante, sans pour autant donner des solutions, des remèdes. Ce qui arrange la presse à sensation, ne manquant jamais d'en redemander car cela fait vendre et rend beaucoup plus crédible les marges de réclame. Mais rares demeurent ceux et celles qui expliquent que le monde fonctionnera avec l'énergie du pétrole et du gaz pendant encore très longtemps. Et toutes les richesses dépendent de lui. Des produits de la terre comme de la manufacture industrieuse. Cela ne veut pas dire que nous devons rester les bras croisés sur la prise en charge réelle de ces volets. Qui nous ouvriraient les portes du développement fiable. Pour cela les érudits qui nous font des peurs bleues doivent plutôt nous dire comment faire pour atteindre ce développement. N. B.


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