
Nepad: une initiative née en 2001 de la volonté de quelques présidents africains, dont Abdelaziz Bouteflika.Le Nepad qui était présenté comme une formidable promesse pour le développement efficient de l'Afrique n'a pas fait bouger les lignes économiques.Si l'Afrique en est arrivée à se réunir à Alger pour donner du sens à son économie, ce n'est certainement pas par hasard. Il ne faut pas croire que la rencontre d'Alger relève d'un simple événement de conjoncture lié aux difficultés financières que connaît l'Algérie. Ce facteur a peut-être hâté les choses, mais il était dit, de toute façon, que le continent noir devait se prendre en charge tôt ou tard. Les gouvernements et les communautés d'affaires des pays africains sont arrivés à cette conclusion à force d'expériences de développement de chaque pays dans son coin et les tentatives collectives de sortir du sous-développement. Il faut dire que l'essor économique du continent trottait déjà dans la tête des dirigeants des premières années des indépendances.Mais à l'époque, il était difficile de trouver des dirigeants éclairés parmi les révolutionnaires qui s'étaient retrouvés à la tête de pays exsangues et sans aucune compétence technique ou managériale. L'euphorie de liberté retrouvée a laissé place quelques années plus tard à un constat désolant, celui qu'un pays ne se dirige pas comme une guérilla. Mais la lutte pour une vie meilleure pour les Africains n'avait pas cessé pour autant. Il fallait malheureusement combattre les compagnies occidentales qui lorgnaient les richesses du continent et n'hésitaient pas à provoquer des guerres civiles pour arriver à leurs fins. Le double défi n'a pas été totalement relevé par les jeunes nations africaines. Et pour cause, plus de 50 ans après les indépendances, très peu de pays du continent sont arrivés à un niveau de développement humain satisfaisant en termes d'accès à l'eau potable, à l'électricité, à l'éducation, à la vaccination...L'Afrique était donc incapable de poursuivre son élan libérateur. Le constat fait par les chefs d'Etat du continent a enfanté le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique Nepad. Une initiative née en 2001 de la volonté de quelques présidents africains, dont Abdelaziz Bouteflika. Il était question d'identifier et de réaliser de grands projets structurants avec l'aide d'institutions internationales, de favoriser le transfert de technologie du Nord vers le Sud et surtout d'amener les grandes puissances à considérer l'Afrique comme un pôle de développement et non plus comme une zone d'exploitation de matières premières. Mandaté par ses pairs africains, Abdelaziz Bouteflika a plaidé la cause du continent devant le G20 et le G8. Son action a connu un succès politique certain, au sens où le G8 a été jusqu'à organiser une rencontre de ses ministres des Finances pour dégager une aide substantielle en faveur de l'Afrique. On parlait à l'époque de plusieurs milliards de dollars. Mais il faut aussi reconnaître que l'Afrique n'avait pas vu l'ombre de cette somme colossale.Le Nepad qui était présenté comme une formidable promesse pour le développement efficient de l'Afrique n'a pas fait bouger les lignes économiques, même si quelques-uns de ses projets ont abouti. Pensée et mise en oeuvre par des autorités strictement politiques, cette initiative s'est réduite à sa plus simple expression, c'est-à-dire en une petite agence de développement rattachée à l'Union africaine. Cela dit, quoi qu'il soit advenu de cette grande expérience panafricaine, elle a eu le mérite de poser la problématique du continent sur la place et d'en avoir officiellement parlée avec les dirigeants du monde. Aujourd'hui, les Africains savent qu'il n'y a rien à attendre des Occidentaux. Les solutions aux problèmes économiques du continent ne peuvent être trouvées qu'ici même en Afrique. Et au moment où un frémissement est constaté dans de nombreuses économies du continent, l'Afrique étant le continent qui a connu la plus forte croissance économique, il est grand temps d'interconnecter toutes ces économies entre elles. L'Afrique n'a pas d'autres choix, relèvent les observateurs, que celui de trouver les leviers de son développements dans son propre espace. Les Chinois, les Européens et les autres doivent avoir affaire à une Afrique économiquement soudée. Le premier pas de cette promesse se fera peut-être à partir d'Alger.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Saïd BOUCETTA
Source : www.lexpressiondz.com