Invité de l'émission de la Chaî-ne III de la radio nationale, Abderahmane
Raouya, directeur général des Impôts a passé en revue, hier, l'actualité
fiscale : les résultats des réformes, le système de la segmentation des
contribuables, les recettes 2010, le cas de Djezzy, ainsi que la corruption au
sein de l'administration qu'il dirige.
D'emblée, le directeur général
des Impôts, Abderahmane Raouya, a fait remarquer que «les réformes actuelles
ont été orientées vers la réalisation d'objectifs clés, «comme l'assurance
chômage, vieillesse-maladie…pour soutenir le pouvoir d'achat. La fiscalité
salariale s'inscrit dans une logique hautement sociale caractérisée, entre
autres, par la disparition du versement forfaitaire» auquel était soumis
l'employeur» et qui était de 6%.
Evoquant le système fiscal par
tranches des salariés, le DG des Impôts a indiqué «que pour les revenus
mensuels inférieurs à 10.000 dinars, il existe 3 millions de salariés algériens
qui ne payent pas légalement l'IRG». «La législation ne prévoit pas d'impôt à
partir d'un certain seuil», a-t-il précisé. M.Abderrahmane Raouya qui
s'exprimait hier sur les ondes de la chaîne III de la radio nationale a précisé
également que les salaires compris entre 10 000 et 120 000 dinars sont soumis à
l'Impôt sur le Revenu Global (IRG). «Cela concerne 3 millions de salariés qui
cotisent annuellement pour 180 milliards de dinars», a-t-il indiqué. La
modification du barème de l'IRG a rappelé M. Raouya est consécutive aux deux
réformes mises en Å“uvre en 2003 et 2008.
Leurs objectifs étaient, a-t-il dit en substance, de réduire la charge
fiscale sur les bas revenus, de stabiliser celle supportée par les revenus
moyens et supérieurs et enfin d'harmoniser les niveaux d'imposition des revenus
des personnes physiques et des sociétés.
Système et évasion fiscale
Par rapport au travail au noir, le DG des Impôts a évoqué les efforts de
son administration depuis 2007 pour amener ces contribuables «vers la sphère
réelle». Comment ? Pour lui, il faut encourager «la mise en place de
dispositifs fiscaux simplifiés et clairs» en direction de ces petits contribuables.
M.Raouya a parlé de façon récurrente de la promotion de l'emploi, par exemple,
en encourageant les entreprises à recruter. Il a indiqué que la loi fiscale
fixe une exonération de l'IRG des salaires dans le cadre du programme destiné à
l'emploi des jeunes. Il a précisé qu'«il y a aussi la réduction de l'IRG ou de
l'impôt sur le bénéfice des sociétés (IBS), en faveur des entreprises qui
créent et qui maintiennent des emplois nouveaux».
Interrogé sur l'absence de
nouvelles taxes dans la loi de finances 2011, Abderrahmane Raouya a répondu
qu'il y a une stabilité du système fiscal. Pour lui, il s'agit de mettre en
place un système simplifié avec des procédures claires. «Trop d'impôt, tue
l'impôt», lui rétorque l'animatrice de l'émission Souhaila Hachemi.
En résumé, M.Raouya lui précise qu'en Algérie «nous avons été conscients
de cela», et qu'aujourd'hui, «le système fiscal de l'Algérie est un des plus
simplifiés».
Concernant les recettes fiscales, à la fin septembre 2010, 853 milliards
de dinars ont été collectés, soit 16% de plus par rapport à 2009. Tout en
reconnaissant la persistance des activités informelles, le directeur général
des Impôts a contesté le chiffre de 3 000 milliards de dinars qui
représenterait le montant de l'évasion fiscale. «Il y a un peu d'exagération»,
a-t-il commenté sans donner son estimation. Revenant sur les recettes, il a
indiqué que les gros comptes - ceux des grandes entreprises - représentent à
présent 60% des recettes et que la segmentation du système commence à porter
ses fruits. Dans le budget 2011, au plan des recettes, pour la première fois
depuis longtemps, la fiscalité ordinaire est supérieure à la fiscalité
pétrolière, constate M.Raouya.
Mais, il précise en substance que cela est dû, entre autres, à la manière
dont est calculé ce budget et notamment sur la base d'un baril de pétrole à 37
dollars. «Cette tendance peut être renversée avec l'évolution du prix du baril
du pétrole», a-t-il tenu à dire.
Les transferts à l'étranger, sujet d'actualité, ont également été évoqués
durant cette émission. Là, le directeur général des impôts a souligné que «tous
les transferts doivent passer par une attestation fiscale, que l'administration
ne contrôle pas l'opportunité du transfert et que toutes les entreprises qui
transfèrent sont soumises à attestation». Interrogé sur «l'affaire Djezzy», il
a indiqué que Djezzy a subi un deuxième contrôle pour 2008-2009, ce qui est
donc un nouveau contrôle fiscal. «Une notification lui a été adressée à
laquelle il a répondu» a précisé M.Raouya. Commentant «la menace de recourir à
un arbitrage international», M.Raouya a estimé qu'il n'y a «pas de menace dans
cette affaire, il y a l'application de la loi. Ce contribuable a le droit de
saisir comme il veut toutes les instances internationales mais ce qu'il y a à
dire est que l'administration fiscale a tenu compte de tous ces aspects».
Concernant la corruption au sein de l'administration des impôts, M.Raouya
a révélé que pour 2009, il y a eu 37 cas de corruption et de malversations. Il
a souligné que «la lutte contre la corruption au sein des impôts est une
mission que l'administration a toujours pris en charge».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Oualid Ammar
Source : www.lequotidien-oran.com