Selon l'étude, l'Algérie compte plus de 65 syndicats professionnels autonomes répartis entre les secteurs public et privé.La cartographie du champ syndical en Algérie est appelée à connaître des recompositions au regard des évolutions politiques actuelles, a soutenu, hier, le sociologue Nacer Djabi, lors d'une rencontre à Alger, organisée par la fondation allemande Friedrich-Ebert.
Présentant sa nouvelle étude sur les syndicats, réalisée en collaboration avec Fadila Akkache, Hocine Zobiri et Samir Larabi, Nacer Djabi a estimé en substance que le devenir du mouvement syndical en Algérie dépend désormais de la réussite de la révolte populaire enclenchée le 22 février 2019 et de l'aboutissement des revendications légitimes portées par ce mouvement. "L'avenir du champ syndical et du pays dans son ensemble dépendent aujourd'hui de la réussite du hirak", a-t-il tranché, estimant que de cette révolte pacifique pourraient éventuellement découler la consécration des libertés et des droits, ainsi que l'émergence de nouvelles élites qui permettront aux syndicats d'être plus influents.
Dressant, à travers son étude, un état des lieux exhaustif de l'évolution du mouvement syndical en Algérie, le sociologue indique que "malgré sa force, l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA) est limitée, en raison de sa bureaucratie, étroitement liée aux intérêts du pouvoir politico-économique aux niveaux local et central".
En parallèle, l'avenir des syndicats autonomes, a-t-il ajouté, dépendra surtout de "la volonté des acteurs en lice de dépasser leurs divergences et leurs conflits de leadership", ainsi que "du traitement qui leur sera réservé par les pouvoirs publics". Selon l'étude, l'Algérie compte plus de 65 syndicats professionnels autonomes répartis entre les secteurs public et privé, mais malgré ce pluralisme syndical reconnu officiellement, "l'Etat n'a eu de cesse d'imposer l'UGTA comme seul représentant des travailleurs lors des rencontres tripartites" réunissant originairement le gouvernement et ses partenaires social et patronal.
À ces contraintes d'ordre politique, s'ajoutent, selon la même étude, d'autres entraves intrinsèques à l'activité syndicale, dont le manque de formation et le désintéressement des adhérents, la faiblesse des moyens financiers, la faible participation des femmes, les rivalités internes et, enfin, la sous-représentation des syndicats autonomes dans le secteur privé, alors que ce dernier assure "plus de 63% de l'emploi total en Algérie".
Tout en soulignant en définitive "la difficulté de prévoir l'avenir du mouvement syndical dans l'Algérie d'aujourd'hui", les auteurs de l'étude relèvent, néanmoins, qu'au niveau de la Centrale syndicale UGTA, "les perspectives d'autonomisation à l'heure actuelle demeurent un v?u pieux", tandis que du côté des syndicats autonomes et de leur récente Confédération, un grand effort s'impose désormais à eux pour peser sur le plan économique, notamment au sein du secteur privé.
Akli Rezouali
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Akli REZOUALI
Source : www.liberte-algerie.com