
C'est un Safy Boutella - compositeur et producteur algérien ayant internationalisé le raï avec l'album Kutché de Khaled - écorché vif, ayant gros sur le c?ur que nous avons rencontré, lundi soir, au forum du quotidien Liberté.Alors que l'on s'attendait à un Safy Boutella parlant, détaillant et devisant sur la musique, il a «bluffé» l'aréopage formé d'artistes, journalistes et autres amis. Et ce, en animant une communication intitulée, contre toute attente, «De la culture au civisme». Aussi, Safy Boutella a-t-il poussé un cri du c?ur, émouvant, voire lacrymal ? il avait la larme à l'?il ?, lancé un SOS, un cri d'alarme à destination des décideurs. Car il a mal à son pays, l'Algérie.Son intervention s'inscrit dans l'urgence : «J'ai envie de dire des choses qui me blessent et m'ulcèrent. La jeunesse souffre ! On a envie de montrer aux responsables cette situation, ce système gangrené par l'inertie, les errements, la corruption. On aspire à un nouveau système conçu qu'avec et pour les jeunes. J'interviens à titre de citoyen, de père pour dénoncer l'incivisme. Un constat d'échec. Quelles éducation et exemplarité donner à ces jeunes ' Alors que le pays est immensément et insolemment riche. Il n'existe pas de fonctionnement sociétal. Que des palliatifs avec des jeunes captés par la violence.C'est le règne de l'arrogance. La situation est critique ! Notre pays souffre. Il y a un malaise identitaire. Il n'y a plus de bonheur. Quand je vois des jeunes chanter Happy (de Parrell Williams) à Béjaïa, Oran, Annaba et Alger, je me dis : est-ce qu'ils sont vraiment heureux ' Je suis outré par l'absence de bon sens. Les blessés d'aujourd'hui seront les fous de demain.«Ils chantent Happy mais sans bonheur»Combien de gardiens de parking ??fabrique-t-on'' par an ' J'ai honte ! Alors que la jeunesse est un gisement culturel, un levier citoyen. Il faut changer cette méthode de gouvernance?Vous vous rendez compte, Alger n'a pas encore un complexe culturel digne de ce nom !» Dans un discours pamphlétaire, Safy Boutella dressera, de surcroît, un réquisitoire contre le système, le tribalisme, le régionalisme et à l'endroit de la légitimité du pouvoir : «Nous sommes en l'absence de projet de société.Il y a des individus vivant en autarcie et non pas une société. Nous avons besoin de quelqu'un qui nous parle. Comme dans une famille, on a besoin du père? J'ai cette sensation que cela fonctionne dans le désordre?». Il déplorera l'absence et le manque de formation de la jeunesse qu'il trouve méprisée ; il exhortera les décideurs à tenir des assises nationales dans tous les secteurs, un état des lieux : «Engageons-nous pour trouver ensemble des solutions, des initiatives, donner le l'espoir et susciter un débat?».Safy Boutella prépare un projet de spectacle Nass Ghiwane par Safy Boutella en septembre prochain, à Alger, et il attend toujours l'aval pour ouvrir sa fameuse école de musique, un projet d'envergure, ballotté d'un ministère à un autre. Un exemple patent illustrant le titre de sa conférence.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K Smail
Source : www.elwatan.com