La victime d'un nouveau coup a d'abord asséné un moche coup de tête...Imed S., 32 ans, est inculpé de coups et blessures volontaires à l'encontre de Mouloud K., 52 ans qui a eu un oeil gravement touché; ce qui lui a valu un arrêt de travail de 21 jours. C'est grave, trop grave. Le plus grave, c'est que l'agresseur a réellement provoqué l'incident, l'accident, l'agression, car il a empêché la victime de garer son véhicule dans une rue commerçante où il n'est pas aisé d'y dégotter une place, la plus petite qui soit.
Ce Imed, à son âge, ne s'est même pas donné la peine de se rendre compte de l'âge avancé de la future victime. Cette dernière était en train de manoeuvrer pour garer en bonne position. Surgit alors le terrible Imed pour l'en empêcher. L'automobiliste tient tête à ce partisan des «rackets-quotidiens» arguant attendre un poids lourd et le déchargement d'une marchandise qui ne saurait tarder. Le ton monte rapidement. Mouloud descend de la voiture pour tenter de calmer ce jeune trentenaire. Mal lui en prit! Il reçoit un violent coup à l'oeil qui le fera vaciller. Imed, pour sa part, évoque la violation du local: «Il est entré en colère. Je ne le connaissais pas. Il m'a provoqué. Je me suis adressé à lui, de loin, poliment, lui demandant de ne pas garer, car j'attendais de la marchandise», a récité le détenu qui semblait plutôt bouleversé par l'incarcération que par le remords. Mais il était loin de s'attendre au «savon» qu'il recevra durant l'intervention du juge qui a reproché à l'inculpé la manière peu cavalière qui caractérise certains résidents qui n'avalent pas que certains automobilistes viennent garer dans des endroits publics, donc appartenant à tous les citoyens sans exception. «Ce sont ces pratiques qui sont en train d'envenimer les relations entre les citoyens à tout moment, surtout pour ce qui est de la circulation automobile et les parkings. C'est insupportable comme situation surtout que les citoyens ferment les yeux devant ces actes de banditisme.
Le témoin, un barbu sympathique, a levé la main droite pour déclarer qu'il avait vu le ton vite monter entre les deux adversaires. Il assure que c'est la victime Mouloud qui avait assené un coup de tête au jeune, aujourd'hui détenu. Il précisera que le jeune était sur la marche de son local. La victime sera encore plus malheureuse en entendant le vieux témoin affirmer que le jeune n'a pas insulté la victime. Hadj Rabah Baric, le président de rectifier: «Chez le juge d'instruction, vous aviez formellement rejeté que Imed avait bel et bien insulté Mouloud!».
Le témoin tient bon. Il dit: «Non, Monsieur le président!» Ce barbu était sur de lui! De fil en aiguille, de questions en réponses, Maître Azzouz, l'avocat du détenu, avait déjà une idée sur et autour de quoi il allait bâtir son intervention surtout qu'il a vu la maman pleurer car l'incarcération dure depuis plusieurs mois. Plus grave!
Les cinq ans d'emprisonnement fermes requis par Tarek Moussaoui, le procureur, ont encore «grossi» le dossier dont les débats auront permis de laisser des «choses» s'échapper lors des plaidoiries surtout celles de Maître Farik Ouchen qui a même eu un petit débat avec Baric autour de l'article 264, ce qui poussera l'avocat d'El Harrach à aborder la légitime défense lors de sa courte mais sèche plaidoirie laissant le plus gros à ce bon vieux défenseur Azzouz de Blida.
Plaidant en premier, Maître Kourtel allait se confiner autour des actes de banditisme constatés quotidiennement devant une insécurité inquiétante. «Pourquoi donc les services de sécurité n'interviennent qu'après la fin des scènes de bagarres souvent sanglantes'», s'est écrié l'avocat d'Alger qui a remis en causes le témoignage du vieux barbu qui est plutôt partie prenante car il a fait deux témoignages diamétralement opposés. «La victime a reçu un sérieux coup et le certificat médical parle de lui-même, c'est une criminelle car la visibilité est tombée de 100% à 30%! Oui notre client a perdu la vue de plus de 2/3! Et puis, il y a cette version rocambolesque qui veut que celui qui est venu garer, s'est dirigé vers le local et assené un coup de tête au «pauvre» jeune sagement assis, innocent. C'est une tentation de diversion des faits!», a conclu Maître Kourtel. Juste après Maître Abdelmalek Azzouz, en excellent défenseur de justice a pris le taureau par les cornes en allant droit sur la fameuse expertise de 70% de perte de visibilité. «Nous avons ici 37% révélés par une contre-expertise!» a dit Maître Azzouz qui a fait rappel au bon sens du juge dont il dira l'intégralité, la probité et la lucidité. Passant à la personnalité de Imed S. qu'il présente comme un jeune «propre» qui n'a jamais connu les procès, mais a été victime du sort d'un coup fatal.
Sur le siège, Baric inflige un deux ans d'emprisonnement dont six fermes.
C'était juste vu.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdellatif TOUALBIA
Source : www.lexpressiondz.com