Par Kader Bakou
L'Etranger regarde attentivement la plaque en marbre au-dessus de l'entrée de la mosquée de Bologhine.
«Mosquée El Oumma, fondée en 1945», lit-il à haute voix.
«Son architecte est Abderrahmane Bouchama, membre, à l'époque, du Parti communiste algérien. D'ailleurs, sa maison est juste à cèté de la mosquée», lui explique l'Ancien, avant de lui montrer une belle villa dont le portail est décoré de jolies arabesques et de calligraphies arabes à la gloire de Dieu.
L'Etranger veut voir les anciennes villas et maisons de Saint-Eugène qui ont gardé leurs plaques d'origine. Son regard est attiré par une magnifique résidence de style européen.
«Je suis sûr qu'elle appartenait à un Français», dit-il à son ami algérien. «Non, cher ami'! Lisez ce qui est écrit en arabe et en français des deux cètés du portail d'entrée': «Omar Mouhoub». En bas, vous pouvez lire le nom de l'architecte et l'année de la construction':'«Architecte A. Lauro 1898». L'Ancien et l'Etranger passent devant Le Bijou, puis devant les villas C. Leveilley, S. Joseph, Louise et Y. Ben Redouan, l'une des plus belles de ce quartier algérois. Les Falaises se distingue par son architecture de style mauresque. Brise d'été sur le boulevard Emir-Khaled (ex-boulevard Pitolet) se dresse à peine une dizaine de mètres d'une petite plage rocheuse.
«Je vois que le quartier n'était pas uniquement européen à l'époque», commente l'Etranger. «Il y avait aussi des familles juives comme les Stora, Ben Simoun et Mashina», précise l'Ancien.
Les deux amis traversent la chaussée. Ils arrivent au Dorothée Cottage. La route maintenant forme un demi-cercle. Le Chalet des Pingouins a pratiquement les pieds dans l'eau. L'icène Ave Maria veille encore sur le quartier.
L'Etranger, qui est chrétien catholique, exprime le vœu de faire un «pèlerinage» à Notre-Dame d'Afrique.
«Je serais ton guide», lui répond l'Ancien qui, lui, est de confession musulmane. Ils arrivent au quartier Picardie. «C'est ici que les pèlerins, jadis, enlevaient leurs chaussures et continuent pieds nus leur chemin», rappelle l'Ancien à son ami.
Des escaliers relient le Picardie au chemin de Notre-Dame d'Afrique. Les deux amis passent devant les villas Madeleine et Albert Dahan. Des voisins se rappellent de Mme Romano et de Mme Jamie qui habitait la villa Pauline. Les deux amies font une petite halte devant l'immeuble Ermitage. Quelques dizaines de mètres plus loin, à la fin du chemin des Pèlerins, ils empruntent des escaliers et arrivent, enfin, à Notre-Dame d'Afrique.
L'Etranger est subjugué par la magnifique vue sur la baie d'Alger. La vue de la basilique algéroise lui rappelle «sa sœur» de l'autre cèté de la Méditerranée, la Basilique Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille, son point de départ.
K. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Soir d'Algérie
Source : www.lesoirdalgerie.com