Par Kader Bakou
Tout le monde sait que Kateb Yacine a dit que la langue française en Algérie est un «butin de guerre ». Le Kebloutia aussi dit : «On croirait aujourd'hui, en Algérie et dans le monde, que les Algériens parlent l'arabe.
Moi-même, je le croyais, jusqu'au jour où je me suis perdu en Kabylie. Pour retrouver mon chemin, je me suis adressé à un paysan sur la route. Je lui ai parlé en arabe. Il m'a répondu en tamazight. Impossible de se comprendre. Ce dialogue de sourds m'a donné à réfléchir. Je me suis demandé si le paysan kabyle aurait dû parler arabe, ou si, au contraire, j'aurais dû parler tamazight, la première langue du pays depuis les temps préhistoriques...» Mustapha Kateb surnommé «le seigneur» a fait partie entre 1958 et 1962 de la troupe artistique du Front de libération nationale. Il sera ensuite le premier directeur du Théâtre national algérien, la première institution nationalisée de l'Algérie indépendante. Durant cette prolifique période, onze pièces furent montées dont Hassen Terro de Rouiched, EI-Khalidoun de Abdelhalim Raïs, ainsi que les deux œuvres de Kateb Yacine Le cadavre encerclé et l'Homme aux sandales de caoutchouc. Mustapha Kateb est aussi derrière la création en 1965, de l'Institut national d'art dramatique et chorégraphique de Bordj El-Kiffan, près d'Alger. Kateb Yacine et son cousin Mustapha Kateb, nés en Algérie, sont décédés en France dans deux villes différentes le même jour, le 28 octobre 1989 !
K. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Soir d'Algérie
Source : www.lesoirdalgerie.com