Alger

Le coup de bill'art du Soir



Par Kader Bakou
Du moins vu de l'extérieur, les travaux de rénovation en cours ont donné un sacré coup de jeune au Cinéma El- Chabab de la rue Larbi-Ben-M'hidi à Alger-Centre.
Dans les années 1970 et 80, les passants pouvaient lire sur la façade de ce bâtiment : «Casino Musichall ». Ceci intriguait les plus jeunes qui ne comprenaient pas pourquoi une salle de cinéma est appelée «Casino Music- hall». La raison est toute simple : ce nom est un «héritage» de la période coloniale. C'est ici qu'en 1958 Sacha Distel avait chanté pour la première fois de sa vie la chanson Des pommes, des poires, et des scoubidous, un de ses plus gros succès. Tino Rossi, de son côté, avait donné cinq spectacles consécutifs dans cette salle entre le 17 et le 21 février 1954. Le Casino Music-hall de la rue d'Isly abritait aussi des spectacles de... music-hall ! Terme d'origine anglaise, apparu dans la langue française vers 1862, «music- hall» désigne un genre de spectacle et un type d'édifice en même temps. Il est l'héritier du café chantant né dans les années 1770 et du café concert né plus tard. La première salle de music-hall à Londres est construite en 1852 par Charles Morton, surnommé le «père du music-hall». Cette salle ressemblait aux autres salles de concerts contemporaines, mais possédait un espace plus grand capable d'accueillir de 500 à 5 000 spectateurs. En France, Joseph Oller reprend l'idée de Charles Morton d'introduire des divertissements dans son établissement, développant ainsi de nouveaux lieux à Paris. C'est ainsi que se créent les Folies Bergère, le Casino de Paris, le Lido, l'Olympia, l'Apollo, l'Alhambra, etc. Mais le Moulin Rouge sera la première salle à porter officiellement le nom de «music-hall». Les spectacles de music-hall sont aussi ceux dits de «Revue théâtre», c'est-à-dire une succession de «tableaux» et d'attractions avec un orchestre, une troupe de ballet et de chanteuses. Le Casino Music-hall de la rue d'Isly deviendra le cinéma Casino puis le cinéma El Chabab après l'indépendance. Durant la décennie noire (années 1990), une bombe explose dans la salle en pleine projection. Ce n'est pas à une simple rénovation, mais à une «résurrection» du monument que nous sommes en train d'assister.
K. B.


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