Par Kader Bakou
Un air de jouvence a soufflé sur la Télévision algérienne, avec Yasmine Chouikh et Yahia Mouzahem, comme invités d'une émission sur le cinéma, diffusée mardi soir.
Yasmine Chouikh, qui travaille sur le scénario d'un long métrage, a parlé de son court métrage El Djinn, primé au Festival du cinéma musulman de Kazan, la capitale du Tatarstan, en Russie. La jeune réalisatrice a expliqué que son film est une métaphore sur la société qui évoque des forces métaphysiques pour justifier les interdictions infligées à la femme. Au sujet de la disparition du Festival de Cannes Junior de Timimoum, lancé par son père, le cinéaste Mohamed Chouikh, elle rappelle que cette manifestation avait été soutenue par «différents ministères pour différents intérêts», avant d'être complètement abandonnée. Après avoir déploré la fermeture de la plupart des salles de cinéma à Alger et à travers le pays, elle a souligné que la relance du septième art n'est possible qu'avec l'implication de l'Etat à travers une politique nationale avec la participation de différents ministères, pas seulement celui de la Culture. «Je sais que nous sommes dans le capitalisme et que devons gagner de l'argent pour produire. Ce que nous demandons à l'Etat c'est surtout un cadre pour travailler… Investir dans la culture c'est investir dans la formation de l'homme qui ainsi sera utile à la société. D'ailleurs, la culture aussi pourra faire rentrer de l'argent dans les caisses comme à Hollywood », fait- elle remarquer. Pour Yahia Mouzahem, la réalisation est surtout un «plaisir» et il n'aime pas se forcer à le faire quand il n'a pas envie. Pour le moment, il est passé à la production en aidant une dizaine de jeunes réalisateurs à faire leurs films (courts métrages). Il est convaincu qu'en Algérie les potentialités existent pour rivaliser avec les meilleurs dans le monde, dans le domaine de la production ciné et audiovisuelle. Tout comme Yasmine Chouikh, il estime que, du moins au début, le rôle de l'Etat est primordial dans la relance de l'activité cinématographique en Algérie. Le réalisateur du court métrage Tinhinan travaille lui aussi sur un long métrage. Yasmine Chouikh et Yahia Mouzahem estiment que l'aide de l'Etat ne devrait pas être indéfiniment accordée qu'aux mêmes réalisateurs dont certains, selon eux, ont montré leurs limites. Le message : il est temps de donner l'occasion à la nouvelle génération de montrer de quel bois elle se chauffe.
K. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Soir d'Algérie
Source : www.lesoirdalgerie.com