Par Kader Bakou
Pour l'Algérie, paru dernièrement aux éditions Belles-Lettres de Béjaïa, est un ouvrage qui compile articles, conférences et contributions de Franz Fanon, écrits ou donnés entre 1952 et 1959.
Dans le Syndrome nord-africain, paru en février 1952 dans la revue Esprit, Fanon écrit : «On dit volontiers que l'homme est sans cesse en question pour lui-même, et qu'il se renie lorsqu'il prétend ne plus l'être. Or, il semble qu'il doit être possible de décrire une dimension première de tous les problèmes humains. Plus précisément : que tous les problèmes que se pose l'homme au sujet de l'homme peuvent se ramener à cette question : ‘‘N'ai-je pas, du fait de mes actes ou de mes abstentions, contribué à une dévalorisation de la réalité humaine ' Question qui pourrait se formuler encore : ‘‘Ai-je en toute circonstance réclamé, exigé l'homme qui est en moi '» Le livre comporte aussi la «Lettre au ministre résident » adressée par Franz Fanon au gouverneur général de l'Algérie en 1956 et dans laquelle il annonce sa démission du poste de médecin-chef de service à l'hôpital psychiatrique de Blida-Joinville. «Depuis de longs mois, ma conscience est le siège de débats impardonnables. Et leur conclusion est la volonté de ne pas désespérer de l'homme, c'est-à-dire de moi-même. Ma décision est de ne pas assurer une responsabilité coûte que coûte, sous le fallacieux prétexte qu'il n'y a rien d'autre à faire. Pour toutes ces raisons, j'ai l'honneur, Monsieur le ministre, de vous demander de bien vouloir accepter ma démission et de mettre fin à ma mission en Algérie, avec l'assurance de ma considération distinguée.» Franz Fanon, qui estimait que «nulle mort d'homme n'est indispensable au triomphe de la liberté», a aussi écrit dans El Moudjahid n°31 daté du 1er novembre 1958 : «Et il n'est pas vrai que cette confrontation puisse s'arrêter magiquement. Il n'est pas vrai que l'Amérique ou l'Italie puissent être mises au pied du mur. Il n'est pas vrai que M. Pineau puisse, s'il le demandait, obtenir l'appui de l'Otan. Il n'est pas vrai qu'avec un peu de bonne volonté, M. Mendès- France puisse renouer avec M. Morice ou M. André Philippe, fraterniser avec M. Mollet. Il n'est pas vrai que l'école d'état-major de M. Bigeard puisse apporter quelque chose de nouveau dans la guerre d'Algérie. Toutes ces impossibilités sont les négatifs d'une réalité majeure : la France est plongée dans une atmosphère de crise cataclysmique et elle n'en sortira que par la négociation avec le FLN».
K. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Soir d'Algérie
Source : www.lesoirdalgerie.com