«Abdelaziz Belkhadem a tout fait et a même adressé une correspondance au ministère de l'Intérieur pour que nous changions d'appellation, qui, prétexte-t-il, prête à confusion avec celle du vieux parti», a déclaré Abdelmadjid Menasra, dissident du MSP et fondateur du désormais Front du changement (FC).
Lyas Hallas - Alger (Le Soir) - La nouvelle formation tiendra son congrès constitutif les 18 et 19 février prochains à la Coupole, au complexe sportif Mohamed- Boudiaf, à Alger. Deux mille congressistes y prendront part. Hier, lors d'une conférence de presse tenue au lendemain de l'autorisation par le ministère de l'Intérieur de tenir le congrès constitutif de son FC, Abdelmadjid Menasra, porte-parole de la commission en charge de la préparation du congrès, qui a disserté longuement sur cette histoire d'appellation, qualifiant l'action de Belkhadem de «mépris à l'égard des électeurs», a sauté sur l'occasion pour évoquer le bilan des 50 ans de règne du FLN. «Si les électeurs ne savent pas faire la différence entre Jabhat tahrir el watani (Front de libération nationale) et Jabhat taghyir el watani (Front du changement national), est la preuve que le FLN a «abruti» le peuple pendant son règne et que ceux qui votent pour le FLN se comptent plutôt parmi les illettrés», ironise-t-il. Le Front du changement national a été, en effet, contraint par le ministère de l'Intérieur de changer d'appellation et ses fondateurs n'ont été autorisés à tenir leur congrès qu'après avoir rebaptisé leur formation : Front du changement. Mais pas seulement, puisque Menasra a dû remplacer quatre de ses cofondateurs, qui ne remplissaient pas les conditions du ministère de l'Intérieur. «Le hic est que ces membres sont des députés et d'anciens députés», assène-t-il, s'abstenant de donner des noms. Bref, avant que Menasra ne prenne la parole, le président de la commission en charge de la préparation du parti, M. Ahmed Dane, a situé cette nouvelle formation et a revendiqué l'appartenance au courant «islamo-nationaliste» : «Nous avons choisi la date du 18 février correspondant à Youm Echahid (Journée du martyr, ndlr) pour sa symbolique. Nous sommes un parti islamique national et démocratique. Le vocable chahid a justement une connotation islamique. Nous nous inspirons des principes de la révolution de Novembre pour lesquels sont morts 1,5 million de chouhada, principes consacrant la démocratie et la liberté.» Les conférenciers ont ainsi entamé la conférence en rendant hommage à l'ancien SG du FLN Abdelhamid Mehri enterré hier, et qui fut, souligne-t-on, «un symbole du djihad des Algériens pour la liberté». Taghyir (le changement), par ailleurs, veut dire, selon M. Menasra, «finir avec la légitimité historique» et redonner la parole au peuple. L'autre réplique de l'ancien ministre a visé les dirigeants de son parti d'origine, le MSP. «A ceux qui disent que nous sommes une minorité de 3%, nous leur disons que ce sont 20 députés qui sont membres fondateurs de la nouvelle formation. En tout, près de 20 000 militants MSP ont constitué le noyau du nouveau parti et d'autres militants nous ont ralliés et je cite à titre d'exemple les membres d'une kasma du FLN à Skikda», dit-il sans préciser quelle kasma ni sa consistance. Des congrès locaux se tiendront d'ici le 18 février au niveau des wilayas pour préparer le congrès constitutif, et d'autres consacrés aux femmes, aux jeunes et aux étudiants se tiendront en cette fin de semaine à Zéralda.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : L H
Source : www.lesoirdalgerie.com