Alger - A la une

Le come-back d'Alger



L'évolution des déséquilibres régionaux appelaient à une adaptation de la politique étrangère et sécuritaire algérienne. Après une période marquée par une action diplomatique anémique pour un pays traditionnellement réputé pour son activisme international, notamment dans un rôle de médiateur éprouvé, l'Algérie a fait son grand retour sur la scène diplomatique. La visite, dimanche dernier à Alger, du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, marque le dernier épisode d'un processus de redéploiement politique régional de l'Algérie. Depuis l'élection de Abdelmadjid Tebboune à la magistrature suprême du pays, la diplomatie algérienne a fait montre d'un certain activisme dans le concert des nations. Un processus entamé avec le 33e sommet de l'Union africaine. Ce retour au premier plan a été acté par la Constitution adoptée par référendum populaire le 1er novembre 2020, qui a opéré une rupture radicale avec le non-interventionnisme en vigueur jusqu'alors, un principe qui constituait un des piliers fondamentaux de la politique algérienne depuis son indépendance. En effet, le renforcement de l'action diplomatique du pays, en privilégiant une démarche fidèle aux fondements de l'Etat algérien, à savoir la voie du dialogue pour le règlement des conflits et crises régionales, a été le cheval de bataille du président de la République Abdelmadjid Tebboune, dès son investiture à la magistrature suprême. L'élection du président Tebboune a permis un retour de la diplomatie algérienne sur la scène internationale. Une volonté d'Alger de reprendre sa place en quelque sorte sur certains dossiers, en Libye, au Mali, mais aussi sur les relations bilatérales et multilatérales. Cette offensive diplomatique a été marquée par la présence de l'Algérie dans les efforts de règlement de nombreux conflits en Afrique, notamment dans la région, comme la Libye, le Mali et le Sahara Occidental, en participant à des sommets internationaux ou en échangeant directement avec les acteurs concernés. Pour marquer de son empreinte ce changement de cap, le président Tebboune avait participé, personnellement, à la Conférence de Berlin sur la Libye en 2020. Preuve du retour diplomatique algérien, le pays a organisé une réunion des ministres des Affaires étrangères de sept pays voisins de la Libye (Algérie, Tunisie, Egypte, Niger, Tchad, Soudan et République du Congo), qui ont appelé, notamment «à la mise en application de l'accord quadripartite entre la Libye et les pays du voisinage pour la sécurisation des frontières communes». Lors de sa participation, par visio-conférence, à la 75ème session ordinaire de l'Assemblée générale (AG) de l'Organisation des Nations unies et aux travaux de la 21e session extraordinaire du Conseil exécutif de l'Union africaine (UA), l'Algérie a imposé la reprise par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine du dossier du Sahara occidental, géré depuis 2018, par trois pays africains (Troïka). Septembre dernier, le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l'étranger, Ramtane Lamamra, a marqué la forte présence de la diplomatie algérienne à New York à travers d'intenses activités, rencontres bilatérales et des réunions de haut niveau visant à renforcer la profondeur africaine et à se repositionner dans un monde multipolaire. Le retour de Lamamra a constitué également un signal positif pour les pays du Sahel, en proie aux insurrections d'extrémistes islamistes. Un dynamisme diplomatique réaffirmé dans l'initiative algérienne pour résoudre le litige autour du barrage éthiopien de la Renaissance. Une offensive diplomatique appelée à s'inscrire dans la durée tant les défis régionaux sont nombreux et compliqués. Des défis dans lesquels, l'Algérie se doit d'être au-dessus de la mêlée. Enfin, ce dynamisme diplomatique s'est exprimé de façon spectaculaire à l'annonce de la rupture des relations diplomatiques avec le Maroc.
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