
La chute du prix du baril de pétrole va lourdement influencer l'avenir du cinéma algérien. Avant même que le prix ne descende au-dessous des 30 dollars, des mesures ont été prises pour mettre un terme à la gabegie. Durant plus de 15 ans, le cinéma algérien a bénéficié d'importantes sommes d'argent pour le soutenir, sans pour autant apporter le succès attendu sur le plan international. La majorité des films qui ont du succès l'a été grâce à des coproductions étrangères et essentiellement françaises, c'est le cas de Rachib Bouchareb, de Merzak Allouache et de Lyes Salem. Le reste des films est passé presque inaperçu dans le paysage cinématographique mondial. Durant les années 1970, le président Boumediene avait favorisé à travers le soutien des films ceux qui relataient la gloire de la Révolution algérienne. Seuls quelques cinéastes avaient échappé à cette règle c'est le cas de Merzak Allouache, qui a bousculé le système mis en place, en réalisant un film sur le malaise de la jeunesse algérienne à travers Omar Gatlatou. D'autres films se sont également détachés de ce système mis en place par le ministère de la Communication et la Culture de l'époque, comme Farouk Beloufa avec Nahla et Bouamari avec le Charbonnier ou encore Les Vacances de l'Inspecteur Tahar de Moussa Haddad. Le réalisateur Mohammed Zinet avait réussi à réaliser un film personnel, mais très fort grâce au financement d'une mairie: l'APC d'Alger-Centre. Le film était censé être un publi-reportage sur la capitale et s'est transformé en film d'auteur original. La liberté d'expression des cinéastes était ainsi conditionnée par le financement de l'Etat et aucun sponsor ou autre aide au financement n'est venu s'ajouter au financement de la production. Les films avaient comme obligation de ne pas critiquer l'Etat, le gouvernement ou le président, mais avaient le droit de critiquer les maires, les élus et certains responsables véreux. Le cinéma algérien a continué à compter sur ce mode de financement jusqu'à la fermeture des entreprises cinématographiques: le Caaic et l'Enpa en 1998. Entre-temps la crise économique avait violemment frappé l'Algérie. Certains cinéastes ont alors tenté la coproduction en profitant des nombreuses aides à la coproduction initiées par la France, c'est le cas de Belkacem Hadjadj, ou encore de Mohamed Chouikh et Merzak Allouache et plus tard Yamina Chouikh avec son Rachida. Car en plus du CNC français pour les Algériens qui ont des sociétés ou des producteurs en France, il y a une aide importante dispensée par la France, «le Fonds du Sud», un fonds non négligeable qui est octroyé aux cinéastes de la rive sud. Mais les films qui sont financés par la France ont une ligne de conduite à respecter.[email protected]/* */
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amira SOLTANE
Source : www.lexpressiondz.com