Les partis islamistes sont confrontés à un sérieux dilemme : se présenter aux élections rejetées par les millions de manifestants qui sortent chaque vendredi pour ne pas subir les foudres du pouvoir ou les boycotter pour ne pas naviguer à contre-courant de la révolution populaire en cours.Karim Aimeur - Alger (Le Soir) - Si les démocrates ont tranché la question de l'élection présidentielle fixée par le pouvoir pour le 12 décembre, sans aucune forme de remise en cause du rejet du scrutin, ce n'est pas le cas des partis islamistes.
En plus d'être divisés sur la question, ils font face à un sérieux dilemme : se présenter aux élections rejetées par les millions de manifestants qui sortent chaque vendredi pour ne pas subir les foudres du pouvoir ou les boycotter pour ne pas naviguer à contre-courant de la révolution populaire en cours.
Les principaux partis de cette mouvance, à savoir le Mouvement de la société pour la paix (MSP) d'Abderrazak Makri et le Front pour la justice et le développement (FJD) d'Abdellah Djaballah, ont convoqué, hier samedi, leurs instances de décision pour examiner la question et se positionner de manière définitive.
Mais tout porte à croire que le MSP, qui a surfé sur la vague de la mobilisation populaire, allait tourner le dos au peuple et participer au scrutin. Avant le 22 février, le parti était contre les manifestations contre le cinquième mandat dans la rue.
Abderrazak Makri l'a assumé en conférence de presse en déclarant que son parti «ne va jamais appeler les Algériens à descendre dans la rue pour s'entretuer».
Quant au FJD, la position est plutôt proche du boycott. Abdellah Djaballah a appelé à l'exclusion des partis de l'alliance des élections. Or, ces partis ne comptent pas s'écarter.
Le RND va même retirer les formulaires pour une éventuelle participation. Dans une conjoncture marquée par la reprise en force de la mobilisation populaire et de la fermeture des espaces de débat, les islamistes trouvent toutes les difficultés à statuer.
A ces deux partis, s'ajoute un potentiel prétendant islamiste dont des sources proches de lui annoncent la candidature. Il s'agit d'Abdelaziz Belkhadem, ancien secrétaire général du parti FLN, ancien Premier ministre et ancien conseiller de l'ex-président Bouteflika. Représentant du courant islamiste au sein de l'ex-parti unique qu'on dit traversé par toutes les tendances, Belkhadem est parmi les rares anciens SG du FLN et ex-chef de gouvernement de ces dernières 20 années à échapper à la prison.
Lui et Ali Benflis sont les seuls anciens Premiers ministres et anciens patrons du parti sous Bouteflika qui ne sont pas inquiétés par la justice.
Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal (anciens chefs de gouvernement) sont incarcérés à El Harrach.
Djamel Ould Abbès, Mohamed Djemaï (en prison) et Amar Saadani sont trois ex-SG du parti à subir les foudres de la lutte contre la corruption. Abdelaziz Belkhadem est aussi le symbole de l'intrusion de l'argent sale au FLN dont les deux hommes les plus connus (Mohamed Djemaï et Baha Eddine Tliba) sont demandés par la justice. Si Belkhadem se présente à l'élection, sur quel électorat comptera-t-il ' Ses fidèles au FLN qui sont encore nombreux ou les islamistes des autres partis '
K. A.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim Aimeur
Source : www.lesoirdalgerie.com