«Al-Jazeera est une tribune du GSPC»
Ahmed Ouyahia était samedi soir sur le plateau de l’ENTV, ce qui constituait sa première véritable sortie médiatique après les élections du 29 novembre où son parti aura fait, finalement, une bonne pioche.
Actualité oblige, Ahmed Ouyahia est d’abord convié à dire son mot sur le fameux sondage commis par la chaîne qatarie Al-Jazeera. Le chef du RND, qui a d’abord égrainé le nombre de fois où cette chaîne s’en est pris à notre pays, affirme ne pas être du tout surpris par ce sondage, considérant qu’Al-Jazeera «a prouvé son soutien au terrorisme dont elle est une tribune». Il va jusqu’à l’accuser d’»apologie au terrorisme sauvage et inhumain». Bien évidemment, le patron du RND n’a pas manqué de souligner «la réaction unanime des Algériens» contre ce fameux sondage qu’il assimile à de «la provocation politique». Par rapport au terrorisme, justement, Ouyahia revient sur les attentats du 11 décembre. A ce sujet, il épouse totalement les thèses de Zerhouni en soutenant que «les attaques suicides contre les sièges du Conseil constitutionnel et du HCR sont la preuve que les terroristes sont dans l’impasse» et qu»’ils ont besoin de ce type d’actions spectacles pour masquer leur déroute sur le terrain». Pour lui, «le terrorisme n’est plus un danger pour les Algériens mais tente, plutôt, aujourd’hui, de terroriser les Algériens». D’où, pour lui, un discours ferme aussi bien dans la mosquée, l’école que la scène politique. Le chef du RND fait valoir aussi le fait que même les anciens terroristes qui ont accepté de se rendre, dans le cadre des dispositions de la réconciliation nationale, ont condamné le terrorisme. C’est dire, selon lui, l’isolement dans lequel se trouvent les groupes armés résiduels. Et tout en réitérant le soutien de sa formation à la réconciliation nationale, Ahmed Ouyahia marque sa différence en pointant l’exagération dans les propos. Une allusion à Belkhadem et nombre de ses ministres. Sur le rapport fait entre le troisième mandat que veut solliciter Bouteflika et les attentats du 11 décembre, Ouyahia dira: «Les criminels n’ont aucune relation avec l’Etat ou la présidence mais sont plutôt issus des groupes terroristes et sont des criminels, des traîtres et des mercenaires de l’organisation Al-Qaïda qui servent des intérêts autres de ceux de leur propre pays». Toute analyse politique des opérations terroristes est «absurde» et toutes les victimes sont innocentes, qu’elles soient civiles ou membres des forces de sécurité, a-t-il ajouté. Concernant le soutien de son parti à un troisième mandat du président de la République, M. Ouyahia a réaffirmé la position du RND qui est de «respecter la Constitution et de ne pas se prononcer sur des questions qu’il n’a pas encore examinées», estimant que «seul le président de la République a la prérogative d’amender la Constitution. Les partis politiques n’ont pas à proposer un projet pour son amendement», a-t-il ajouté.
Evoquant l’alliance présidentielle constituée du RND, du FLN et du MSP, M. Ouyahia a rappelé que c’est «une alliance de volontés et de positions pour le soutien au programme du président de la République», démentant les informations rapportées par la presse sur «le déclin» de l’Alliance. Apres avoir réaffirmé «la volonté» des trois partis à préserver cette alliance, le SG du RND a souligné que celle-ci nécessite «une clarification de sa situation future», soulignant qu’elle «poursuivra son action».
Les sujets politiques épuisés, Ouyahia revient à son dada, l’économie. L’occasion pour lui de faire le procès du Gouvernement qu’il accuse d’inertie. Rebondissant sur la flambée des prix des produits de première nécessité qui préoccupe le citoyen, plus que la politique d’ailleurs, il ne manque pas d’exprimer son inquiétude quant au risque d’éclatements. Aussi, propose-t-il, des mesures d’urgence pour que les produits sous tension comme la semoule et l’huile soient subventionnés par l’Etat. Cette envolée a érodé d’ores et déjà l’augmentation annoncée par le Gouvernement et, sans le dire directement, Ouyahia fait porter le chapeau de l’inflation à Belkhadem. Enfin Ouyahia invite les Algériens à penser à l’après-pétrole et profiter de l’embellie financière que connaît le pays pour promouvoir une économie alternative bâtie sur le tourisme et l’agriculture.
H. Senouci
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com