Les grévistes risquent des sanctions
Le Chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, n’a pas usé de détours pour annoncer, jeudi dernier, que «des mesures administratives, prévues par la loi, contre les grévistes, ne sont pas à exclure car leur mouvement a été déclaré illégal par la justice». S’exprimant en marge de la journée sur la recherche médicale, tenue jeudi à l’Institut Pasteur d’Algérie à Dely Brahim (Alger), le Chef du gouvernement dira que «lorsque les travailleurs ne travaillent pas, sans justificatif, cela devient une absence et l’administration peut prendre des mesures prévues par la loi en cas d’absence irrégulière». Cette mesure ciblant les travailleurs qui ont adhéré à la grève les 24, 25 et 26 février, décidée par la Coordination nationale des syndicats autonomes, n’émane pas de n’importe quel responsable de l’Etat mais du Chef du gouvernement.
Autrement dit d’un très haut responsable de l’Etat, ce qui sous-entend le sérieux de la décision. La réaction de la Coordination nationale des syndicats autonomes de la Fonction publique ne s’est pas fait attendre. Pour Meziane Meriane, exaspéré, et en sa qualité de porte-parole de la Coordination mais également porte-parole du CNAPEST, «cela dénote d’un manque de respect pour la Constitution de notre pays et, à travers ces mesures de sanctions, on bafoue encore une fois les lois de la République». «Ce n’est pas normal qu’on empêche les travailleurs d’exprimer leur colère quand ils sont malmenés.
Ce sont les lois de la République et la Constitution qui nous permettent de nous exprimer et nous n’avons pas l’intention de nous taire», a-t-il indiqué tout en exprimant sa rage contre «un gouvernement qui ne cesse de mépriser et de haïr ses fonctionnaires». «C’est triste», note encore Meriane, tout en déplorant le recours du gouvernement Belkhadem «aux mesures répressives en faisant l’impasse sur les problèmes des fonctionnaires». Quoi qu’il en soit, «les fonctionnaires sont plus que déterminés à aller jusqu’au bout pour la satisfaction de leurs revendications», dit-il. Evoquant les enseignants contractuels ayant observé la dernière grève et qui viennent d’être licenciés par le ministère de l’Education nationale, le responsable syndical la considère comme étant un «dépassement intolérable». Il s’agit à ses yeux «d’une injustice de plus». Contacté par nos soins, un autre responsable syndical expliquera que «le ministre de l’Education vient de jeter un autre pavé dans la mare, qui risque d’aggraver la situation». Meriane dira de son côté que les syndicats autonomes vont «réagir vivement à cette autre aberration». «Nous n’allons pas nous taire devant cette injustice, et ceci nous incite à déclencher éminemment un autre mouvement de protestation», promet encore Meziane Meriane. «La réaction des pouvoirs publics ne fait qu’embraser davantage, le front social» explique-t-il encore tout en précisant que, «désormais, la balle est dans le camp des pouvoirs publics». «Qu’ils en assument donc toute la responsabilité !» s’écrie-t-il.
La menace des syndicats autonomes de durcir leur mouvement s’était déclarée suite à «la réussite» de leur mouvement de grève et à «l’adhésion massive des travailleurs au mot d’ordre de débrayage». Exprimant son «satisfecit» par rapport au suivi de la grève, estimé précisément à 87,21%, Meriane précise les intentions de sa coordination et des syndicats autonomes en brandissant la possibilité de recourir à «une grève illimitée ou des grèves cycliques».
Samira Illoul
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com