Alger - Revue de Presse

Le chef du gouvernement français, aujourd'hui, à Alger : Fillon et tous les dossiers



Nucléaire, défense, impôts, assurance et banques. Entre «accord» et «protocole d'accord» selon leur en-tête officiel, c'est pas moins de quatre documents que le Premier ministre français emportera dans son attaché-case, durant son voyage à Alger.

Programmé dans le sillage d'une multitude de visites croisées entre Paris et Alger, le voyage de François Fillon est le premier d'un patron du gouvernement hexagonal depuis vingt-deux ans. Le dernier représentant de Matignon à avoir gravi les marches du Palais du gouvernement et à être reçu à El-Mouradia, est le socialiste Laurent Fabius. C'était en 1986, à mi-chemin des quatorze années de «présidence Mitterand», dans un contexte de lune de miel algéro-française. Portées par l'entrée des socialistes à l'Elysée, les relations bilatérales étaient, alors, au très beau fixe par contraste saisissant avec le septennat de Valéry Giscard d'Estaing (1974-1981).

Pour sacrifier aux retrouvailles d'un locataire de Matignon avec l'Algérie, Paris n'a pas lésiné sur les effets d'annonce. Attendu aujourd'hui samedi, le Premier ministre de Nicolas Sarkozy y séjournera un peu plus de vingt-quatre heures. Le temps de s'entretenir avec son homologue algérien, Abdelaziz Belkhadem, d'aller à la rencontre du Président Bouteflika et de présider les cérémonies de signature de nouveaux outils de la coopération bilatérale. Fillon et Belkhadem apposeront leurs signatures respectives au bas d'un accord-cadre dans le domaine du nucléaire. Classé au rang des coopérations dites de «tendance lourde», cet instrument bilatéral porte sur l'«utilisation et le développement de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques». Souhaité par le candidat Sarkozy, en février 2007, lors d'une rencontre avec les correspondants de la presse étrangère à Paris, l'idée d'une coopération «nucléaire» avec des pays arabo-musulmans dont l'Algérie a été inscrite au premier rang des priorités «diplomatiques» du président élu.

De sujet de discours en axe d'échange, la question a rythmé bien des interventions méditerranéennes du chef de l'Elysée et nourri ses nombreuses discussions avec son homologue algérien. Evoqué d'abord par des experts à la faveur de la visite d'une «délégation nucléaire» française à Alger, le sujet a fini par trouver place dans l'agenda franco-algérien.

En visite automnale à Paris, le ministre de l'Energie Chakib Khelil en a longuement parlé avec le «super» ministre français en charge de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire, Jean-Louis Borloo.

Ce premier round de discussions ministérielle, conforté par l'échange exploratoire entre experts, a permis d'avancer au plus vite. Début décembre, Alger et Paris profitaient de la visite d'Etat de Nicolas Sarkozy à Alger pour annoncer la signature d'un protocole d'accord. La visite de Jean-Louis Borloo, fin mai, à Alger, a fait cheminer le dossier vers le haut au point d'en faire un accord-cadre.

Comme l'indique son intitulé, cet accord donne la part belle à une coopération, tous azimuts, en la matière, selon des indications rapportées de source française par l'agence Reuters. Nombreuses, les possibilités vont de la formation et de transfert de technologie à la recherche fondamentale, à la production d'électricité, à la prospection et à l'exploitation de l'uranium.

Lors de sa visite automnale à Paris, Chakib Khelil avait fait valoir, devant les correspondants de la presse algérienne, les avantages d'une coopération nucléaire avec la France.

Outre la diversification des partenaires de l'Algérie -Argentine, Chine-, un accord avec Paris permet à Alger de tisser une relation sectorielle avec un pays à l'expérience et à l'expertise nucléaires presque cinquantenaires. Aspect parmi d'autres qui suscite l'intérêt de la partie algérienne, la formation d'une ressource humaine adaptée aux techniques modernes de sûreté et de sécurité nucléaires.

Articulée de la sorte, une telle coopération est de nature à poser, en les confortant, les jalons d'une industrie nucléaire algérienne. De source médiatique à Paris, on estime que l'Algérie «pourrait se doter d'une centrale nucléaire à l'horizon 2020». En tout état de cause, fait-on remarquer de même source, l'accord-cadre, soumis aux paraphes de Fillon et de Belkhadem, fait de l'Algérie le premier pays arabo-musulman lié à Paris par une coopération nucléaire de cette dimension.

Autre volet «lourd» au programme du voyage de François Fillon, la signature d'un protocole d'accord dans le domaine de la Défense. Il sera paraphé, côté français, par le ministre de la Défense, Hervé Morin, et, selon toute vraisemblance, côté algérien, par le ministre délégué auprès du ministre de la Défense, Abdelmalek Guenaïzia.

 

Accord entre les «Tagarins»
et la rue «Saint-Dominique»

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