Alger - Revue de Presse

Le chef de l'Etat achève sa visite à Tamanrasset «La wilaya de In Salah» n'est pas pour demain



A travers les multiples appels à la «ohda thalitha» de la population, un timide «wilaya!» se fait entendre par les oreilles les plus alertes. La revendication appelle un nouveau découpage administratif qui intronise In salah, chef-lieu de wilaya. La demande n'est pas nouvelle. Elle a été déjà exprimée en 1999 et plus tard en 2004. Elle est reformulée, aujourd'hui, à un président qui ne semble pas prêt à la prendre en charge parce que, nous dit-on, «une wilaya coûte cher». L'on rappelle, à cet effet, le caractère budgétivore de l'administration publique. «Si In Salah devient wilaya, ça coûtera très cher à l'Etat, il vaut mieux qu'il lui soit construit des infrastructures de base, des écoles, elle en manque terriblement», nous explique-t-on. Des citoyens clament aux journalistes la justesse de leur revendication. « Tdikelt ici à In salah et El-Hoggar à Tamanrasset n'ont pas les mêmes habitudes, culturellement, nous n'avons pas les mêmes besoins. En plus, nous sommes très loin du chef-lieu wilaya de Tam, c'est pour ça que nous voulons qu'In Salah devienne wilaya. Vous savez que pour régler une question d'un quart d'heure, il nous faut, parfois, des semaines; tout ce dont nous avons besoin dépend étroitement des autorités locales de la wilaya de Tam, nous manquons de tout, de l'essentiel», se plaignent-ils. Les foules étaient amassées de bonne heure, hier, tout au long des artères de la ville d'In Salah. De nombreux passages étaient bordés de barrières et ceux qui devaient les traverser devaient se soumettre à une fouille au corps minutieuse, hommes, femmes et enfants. Sans compter le détecteur d'armes. «Il serait bête de ne pas le faire, après l'attentat de Batna», dira, à ce sujet, le ministre de l'Intérieur. Le président a atterri vers les coups de 10h. Il venait de Tam où il avait passé la nuit. Il procédera à plusieurs inaugurations comme celle d'un tribunal, d'un siège de daïra, d'un centre culturel, d'une piscine, d'un château d'eau de 1.000 m3, du point reliant celui de Tam pour l'alimentation en eau potable et enfin d'une centrale électrique. Cette dernière réalisation a son importance par rapport à tous les projets programmés à In Salah. Elle promet des impacts économiques et sociaux dont la création de 200 emplois. Retour au bain de foule, le président sourit allégrement. La veille, une consoeur s'était approchée de lui pour lui demander s'il n'avait pas de déclaration à faire à la presse. «Vous voyez bien, aujourd'hui les choses sont claires», lui a-t-il dit. Commentaires de journalistes «ce qui veut dire qu'il est prêt à répondre à la demande d'un troisième mandat exprimée par des populations. Vrai ou faux? Ce qui est sûr c'est que Bouteflika regarde moins sévèrement les journalistes. Il a souri à plusieurs d'entre eux, à chaque fois que les regards se croisaient. Il acceptera, pour la deuxième fois qu'il est président, de prendre une photo avec eux. L'on pourrait même croire qu'il a envie de dire quelque-chose. Quoi? Peu importe. L'essentiel est qu'il semble faire preuve d'une disponibilité et amabilité qu'il n'avait jamais eues à leur égard, ni pendant le premier et encore moins pendant le deuxième mandat. Les mauvaises langues appelleraient cela «faire du charme ou l'art de courtiser les milieux qu'il pense lui être les plus hostiles au cas où il postulera pour un troisième mandat». Vêtu d'une «kachabia» marron clair et d'une «arakia» blanche, pour faire face au froid qu'il déteste, dit-on, Bouteflika n'éprouve plus le besoin d'avoir le pas alerte. Il l'a lent. Il ne s'en cache pas. Au centre culturel de la ville, il marquera une pause devant un petit orchestre et une chorale qui lui ont interprété une chanson vantant ses mérites et louant Dieu pour lui accorder une «ohda thalitha». Il les interrompra pour demander au joueur du «oud» (luth): «tu ne sais pas jouer du classique?» Si, lui répond le musicien. Quelques takacims et il l'interrompt encore une fois; «il n'y a pas de paroles?» Si, lui répond le joueur du «oud» et entonne «lazrague sâani», une superbe chanson d'amour que le président écoutera jusqu'au bout. Il applaudira même. Le ministre de la Formation professionnelle, Khaldi, la tête enturbannée d'un chèche, lui fera dire «c'est ce qui va le mieux ici».
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