Alger - A la une

Le changement, ce n'est pas maintenant



Un photomontage circule à travers la toile avec deux rangées de portraits : sur une rangée, on peut reconnaître (avec une petite erreur : deux fois Fillon au lieu de deux fois Lang) François Bayrou, Claude Allègre, puis Jack Lang, Luc Ferry, François Fillon, Gilles de Robien, Xavier Darcos, Luc Chatel et l'actuel Vincent Peillon. Ce sont les ministres français de l'Education, de 1993 à aujourd'hui ; sur une rangée parallèle, on peut observer, en dix poses, l'évolution des traits et de la couleur des cheveux de Benbouzid, leur homologue algérien, de 1993 à nos jours.
Ce document survient au moment où les 'observateurs' locaux se torturent les méninges pour essayer de deviner la composition du 'nouveau' gouvernement qui devrait être nommé à la suite de l'élection d'une 'nouvelle' Assemblée.
Tenez, puisque la 'nouvelle' APN à été, très majoritairement, confiée au FLN et au RND, on devrait s'amuser à compter la part de nouveaux députés désignés à travers les candidatures de ces deux appareils.
Maintenant qu'on y pense, le choix de Larbi Ould Khelifa comme président de l'Assemblée aurait été fait avant même que les listes FLN ne soient confectionnées. C'est même en prévision de la présidence de l'institution qu'Ould Khelifa avait été désigné tête de liste à Alger. C'est la seule explication au renoncement de Ziari qui justifie son retrait par sa conviction, nouvelle, qu'il fallait' laisser la place aux jeunes ! Un peu pour consacrer une étrange tradition qui, depuis 2002, veut que le candidat tête de liste FLN d'Alger soit promis à la présidence de l'APN (Saïdani est l'exception, parce qu'il a remplacé Karim Younès, tête de liste 2002, poussé à la démission en cours de mandat).
Les scrutateurs de changement eux-mêmes n'y croient pas, puisque se pose à eux la question de savoir si Ouyahia va perdre son poste de Premier ministre, ce qui devrait aller de soi au vu de la contreperformance de son parti et de la 'réforme' qui devrait désormais imposer les règles de l'orthodoxie démocratique.
D'un autre côté, on peut remarquer qu'il n'y a eu que six ministres (FLN, RND et MSP) de l'actuel gouvernement qui se soient trouvé des raisons de briguer un siège de député. C'est que, d'une part, ils ne s'estiment pas tenus de faire le détour électoral pour justifier leur popularité et que, d'autre part, ce n'est pas à cette popularité qu'ils doivent leur présence dans l'Exécutif. Ces raisons extrapolitiques étant toujours là, pourquoi ce genre de privilégiés devraient-ils quitter le gouvernement ' Voilà au moins un frein au changement contre lequel les élections, même transparentes, ne pourront rien !
On s'en souvient, on a même inventé une fonction gouvernementale qui fut confiée à Zerhouni avant qu'elle ne fût formellement créée et définie dans sa structure et dans ses prérogatives.
Dans l'état actuel des choses, il ne peut être question de 'nouveau gouvernement'. Au mieux, on aura droit à un remaniement pour combler les transmutations. Avec peut-être le même ministre de l'Education qu'il y a dix-huit ans, en dépit de l'affaissement soutenu de l'institution scolaire.
Et ce jeu de chaises musicales, parfois compliqué, peut prendre du temps. Plus de temps que le changement, parce que le changement, quand il s'impose, on reconnaît facilement les hommes qui lui conviennent.
Chez nous, le changement, ce n'est jamais maintenant !
M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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