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Le centre-ville d'Alger: un grand toilettage à la charge des commerçants



Le centre-ville d'Alger: un grand toilettage à la charge des commerçants
La réhabilitation du centre-ville lancée par le wali d'Alger début mai touche à sa fin. Pour le plus grand plaisir des Algérois. Du côté des commerçants et restaurateurs, contraints de mettre la main à la poche, l'euphorie est moins grande. Pour eux, tant que les problèmes de sécurité et de stationnement persistent, le vrai centre restera délocalisé vers les hauteurs de la ville.
Depuis un mois, le centre-ville de la capitale change chaque jour de visage. Il y a d'abord eu l'installation de bacs à plantes sur les terrasses des cafés de la Grande Poste. Puis, échelles et échafaudages sont apparus devant les devantures des magasins de l'avenue Pasteur et de la rue Larbi Ben M'hidi. Les façades ont ensuite subi des coups de marteaux avant d'être recouvertes de faïences noires et d'une couche de peinture blanche. Pour finir, quelques échoppes ont été dotées de nouvelles enseignes, les mieux loties recevant même des enseignes lumineuses !
Cette vaste opération de toilettage printanier a débuté début mai suite à un courrier du wali d'Alger transmis aux commerces du centre-ville, dont Maghreb Emergent a obtenu une copie, « faisant obligation aux propriétaires, locataires, gérants ou cogérants de locaux commerciaux de rénover ou réhabiliter les devantures de leurs locaux en perspective du lancement et de la mise en 'uvre des travaux d'aménagement ».
Parmi les obligations du cahier des charges une façade en noir et blanc, « comme dans les années 1950, d'après les photos », précise un serveur. « Il nous a aussi été demandé d'installer des plantes, de changer le mobilier de la terrasse, de se doter de parasols sans publicité et de s'équiper de wifi », poursuit le garçon de café. Un investissement d'environ 200.000 dinars financé intégralement par le patron. « Tous les travaux ont été réalisés à la charge du commerçant », indique, de son côté, un gérant de la rue Larbi Ben M'Hidi : « Mais cette fois-ci, on a pu au moins choisir nos artisans, à la différence du cahier des charges du projet de réaménagement établi il y a deux ans qui imposait la réalisation des travaux par un bureau d'études hors de prix ».
Les terrasses ont été obligées d'abandonner leurs peu esthétiques parasols Coca et Pepsi (ph.: Nejma Rondeleux).Les terrasses ont été obligées d'abandonner leurs peu esthétiques parasols Coca et Pepsi (ph.: Nejma Rondeleux).
Redevenir la vitrine d'Alger
La municipalité d'Alger-centre n'en est pas à sa première tentative pour redynamiser un centre-ville dont seuls les immeubles - et les anciens commerçants - rappellent dorénavant la gloire d'antan. « Dans les années 1970, c'était LE quartier d'Alger, avec les Galeries de France, le Monoprix et le Bon Marché », témoigne un des rescapés à la vague de « charwarma-kebab » qui s'est emparée de la rue Larbi Ben M'Hidi et des rues adjacentes. « Aujourd'hui, c'est devenu la dernière rue de toute la capitale. Le centre s'est délocalisé vers les hauteurs d'Alger et en quelques années, nous avons perdu près de 80% de notre clientèle », témoigne un autre « ancien ».
Cette nouvelle opération de réhabilitation est donc saluée par les commerçants qui critiquent, cependant, « la manière » dont elle est menée. « Bien sûr que nous souhaitons tous retrouver une belle rue mais nous ne voulons pas être les seuls à payer le prix de décisions pour lesquelles nous n'avons pas notre mot à dire », s'exclame l'un d'eux. « Pourquoi vouloir imposer cette uniformité des façades, par exemple ' Les anciens magasins ont chacun un aspect bien spécifique avec une devanture en marbre », poursuit-il.
De l'avis des intéressés, les principaux obstacles au développement du centre-ville ne sont pas d'ordre esthétique. C'est avant tout le manque de sécurité et de places de stationnement qui fait fuir les clients, s'accordent-ils à dire dénonçant « les vendeurs du marché parallèle de d'or » qui haranguent les passants toute la journée, le « business parking » et « l'absence d'éclairage ». Sans régler ces problèmes, afferment-ils, il est difficile d'imaginer les rues du centre-ville animées au-delà de 20 heures, comme le souhaitent les autorités locales qui ont demandé aux boutiques et cafétérias de rester ouvertes jusqu'à 1 heure du matin. Reste donc à l'APC à mettre en place un environnement suffisamment attractif pour réussir à faire redescendre les Algérois(e)s vers la mer.
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