Alger - A la une

Le cadre est mort, «dans le cadre» plus vivant que l'ennui



Hier, la télé publique du gouvernement nous montrait des images d'un collège de l'est d'Alger. C'était « dans le cadre de la campagne nationale de vaccination » des personnels de l'éducation. Les images, quand elles se veulent graves, solennelles, nationales et stratégiquement vitales, c'est toujours... dans le cadre de quelque chose. Eh oui, ce n'est pas parce qu'on en a fini avec un certain cadre que tous les autres sont morts et enterrés. Inutile de vous demander si vous vous en rappelez et pour cause, le... cadre de triste mémoire ne fait pas encore tout à fait partie de la mémoire tellement c'est tout frais dans les mémoires. Oui, le cadre qu'on vénérait, qu'on implorait, auquel on demandait des choses, à qui on offrait le pur-sang et on mettait le burnous, celui qu'on accrochait sur les façades d'immeubles... dans le cadre de la distribution des logements... c'est terminé. Il est mort et même très mort. Mais des cadres, il en reste et ce n'est pas sûr que ce soit résiduel. Je sais, la parenthèse est trop longue mais ce n'est pas certain que ce soit une parenthèse même s'il faut quand même revenir à notre collège d'El-Harrach d'où la télé « biblique » comme disait le confrère Bouaâkba dont la prononciation en langue française est notoirement succulente, devait nous « rassurer » sur l'affluence des enseignants et autres employés de l'éducation vers les espaces dédiés à la vaccination contre la Covid-19. La « campagne », cet autre « cadre » formulé autrement comme beaucoup d'autres, devait répondre à deux objectifs. Ce n'est pas tout à fait en ces termes qu'on l'a déclinée mais dans un espace de libre commentaire, ce n'est pas interdit de faire dans l'extrapolation... positive. Est-ce qu'il y a une extrapolation positive ' Passons, les traités de philosophie, ce n'est pas maintenant et surtout pas ici. La campagne de vaccination des personnels de l'éducation nationale devait d'abord servir à immuniser nos instits, nos économes, nos pions, nos surveillants généraux, nos proviseurs, nos censeurs et nos - décidément - cadres de l'enseignement... Leur santé est précieuse même si elle ne détermine pas vraiment la santé de l'école. On l'aurait su, sinon. Mais la campagne devait aussi montrer l'exemplarité de nos enseignants si utile dans un pays où les foules sont loin, très loin de se bousculer là où on tend le bras pour la dosette. Dans le... cadre de cette campagne, les images nous ont montré un directeur tiré à quatre épingles réciter un texte appris par c?ur, une cour manifestement passée au karcher, une infirmière qui nous dit tout le bien qu'elle pense de la vaccination et un employé qui a hésité longtemps avant d'aller se faire piquer. Le kit traditionnel, quoi. Ce n'était donc pas brillant pour l'immunité. Mais pour le reste, dans le cadre de... ça va encore.S. L.
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