
Le Burundi n'est qu'un exemple de cette maladie de la présidence à vie dont sont atteints la quasi-totalité des chefs d'Etat africains. Une des raisons qui poussent des milliers de jeunes à tenter la périlleuse traversée de la Méditerranée vers l'Europe.Samedi soir, vers 20 heures, des hommes armés, en tenue policière, pénôtrent dans une discothèque, située sur l'avenue St-Gabriel à Kanyosha, et tirent sur les clients et le propriétaire des lieux. Bilan de la fusillade : neuf morts.Selon des témoins, un "client inhabituel" avait été remarqué à l'intérieur de la boîte, a rapporté la presse locale. "Il est resté le téléphone collé à l'oreille et c'est quand il est parti que deux hommes en tenue policière ont fait irruption dans ce cabaret. Ils ont demandé, sous la menace de leurs kalachnikovs, à ceux qui étaient à l'extérieur d'entrer. L'ordre leur a été intimé de se mettre à plat ventre", a rapporté Iwacu, un quotidien en ligne burundais, ajoutant que l'intervention du patron de la discothèque n'a pas empêché son exécution de sang-froid par les assaillants.Iwacu, citant plusieurs sources, affirme qu'il y a une semaine, des policiers en tenue ont débarqué dans le même établissement, accusant son propriétaire de transformer sa discothèque en lieu de rencontre des opposants. La tuerie de samedi soir est la dernière d'une longue série de meurtres et d'assassinats qui ont lieu, presque quotidiennement, depuis mai dernier, dans la capitale du Burundi, Bujumbura, et d'autres villes du pays.Des dizaines de personnes, dont des opposants au président Pierre Nkurunziza, ont été exécutées, comme l'affirment certains médias burundais, sans que la communauté internationale parvienne à dénouer le fil de cette crise qui s'aggrave de jour en jour.La candidature de Pierre Nkurunziza à trois mandats successifs est à l'origine de cette crise politique qui a fait déjà 200 morts depuis avril et provoqué l'exode de 200 000 personnes à l'intérieur du pays. Réélu en juillet, à l'issue d'un scrutin controversé et contesté par l'Union africaine et les capitales occidentales, Pierre Nkurunziza est carrément accusé par son homologue rwandais, Paul Kagamé, de "massacrer" son peuple.L'organisation non gouvernementale, Human Rights Watch (HRW), a dressé, elle aussi, un sévère réquisitoire dans son dernier rapport sur la situation au Burundi. L'assassinat du fils d'un des défenseurs des droits de l'Homme à Mutakura, un quartier de la capitale, a sonné une nouvelle fois l'alerte. "Le meurtre de Welly Nzitonda est un nouveau coup très dur pour son père, Pierre Claver Mbonimpa, le défenseur des droits humains le plus renommé du Burundi, qui préside l'Association pour la protection des droits humains et des personnes détenues (APRODH). Âgé de plus de 65 ans, Mbonimpa a échappé lui-même de peu à la mort en août lorsqu'un homme, qu'il a reconnu comme travaillant avec les services de renseignement, lui a tiré dessus, au visage", a averti HRW qui parle d'un "avenir sombre", citant des citoyens de Bujumbura, où des corps sans vie sont quotidiennement découverts dans les quartiers de la capitale et identifiés comme ceux de militants ou sympathisants de l'opposition. Ce glissement dangereux vers la violence armée n'a pas manqué de faire réagir l'Union africaine."La poursuite des actes de violence, ainsi que la multiplication de déclarations de nature à aggraver davantage la tension actuelle et à créer les conditions d'une instabilité encore plus grande, aux conséquences dévastatrices tant pour le Burundi que pour l'ensemble de la région", s'est inquiétée la présidente de la Commission de l'UA, Dlamini-Zuma dans un communiqué publié jeudi. Les appels à la retenue et à la relance du dialogue politique se sont heurtés, jusque-là, au refus du président de céder sur les principales revendications de l'opposition, dont son départ du pouvoir.L. M.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lyès Menacer
Source : www.liberte-algerie.com