Belkacem Ben Brahim, puisque c'est de lui qu'il s'agit, s'est prêté nonchalamment, du haut de ses 93 ans, à nos questions sur son itinéraire intéressant de bouquiniste, une fonction qu'il assure depuis 13 ans déjà, soit depuis l'âge, mûr, de 80 ans dans cette «première librairie» digne de ce nom.À notre demande, il s'est plongé dans ses souvenirs, nombreux et ineffaçables, sur son parcours de «bouquiniste-conseiller» au service d'un lectorat algérien, plutôt rare, il faut le dire. Activant toujours à cette enseigne bien connue de «La grande surface du livre», sise à Alger-Centre, au 14 boulevard Victor Hugo, où est pratiqué le «tarif le moins cher sur la place d'Alger», 'Ammi Belkacem, comme le nomment anciens et nouveaux lecteurs, garde en mémoire de délicieuses anecdotes relatives notamment à un jeune lectorat, très nombreux dont l'orientation a changé pour se fixer sur les livres scientifiques au diapason des percées technologiques opérées lors de ces dernières décennies.
N'empêche, dit-il, que ce jeune nouveau lectorat, s'intéresse aussi au roman, chacun selon sa tendance. Actuellement, cette frange de lecteurs reste non négligeable pour autant, Cependant, nous explique 'Ammi Belkacem, l'ancienne génération de lecteurs âgée de 30 à 40 ans, prise plutôt les moments «forts» de la lutte armée algérienne dont elle est très friande. Leurs aînés, septuagénaires, sont captivés eux, par des collections traitant de différentes histoires sur l'humanité en général. Les livres traitant de psychanalyse et de développement personnel, ne sont pas en reste et d'hyper demandes sont formulées dans les deux langues arabe et français, en attendant, se réjouit-il, l'apport futur des livres écrits en tamazight qui prendra certainement de l'essor après son introduction dans les manuels scolaires officiels.
Se souvenant de l'approvisionnement de livres pour meubler les étagères de cette modeste, mais combien riche, «antre» des passionnés de lecture, 'Ammi Belkacem dira qu'à une certaine époque, les livres proposés parvenaient de Belgique, dans de grands conteneurs expédiés par le propriétaire de la boutique, en l'occurrence Adrar Kassa, aujourd'hui décédé, qui vivait en Belgique et en Algérie.
Cette «bicoque» employait pas moins de sept bibliothécaires pour faire face à un lectorat, en l'assistant et le conseillant dans son choix et de s'occuper d'échanger les livres, après lecture, par les usagers de cette vraie «bibliothèque» qui ne dit pas son nom.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelkrim AMARNI
Source : www.lexpressiondz.com